(And So I Roar, 2024)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Anglais
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Ce que raconte ce roman :
Grâce à l’aide de son ancienne patronne Tia, la jeune Adunni réussit à s’inscrire à l’école à Lagos. Mais, la veille de sa rentrée, alors que son cartable est tout prêt, un groupe d’hommes se présente à sa porte. Adunni est réclamée dans son village d’origine, dans la région d’Ikati, accusée d’avoir commis un crime. Déterminée à éclaircir son innocence, Adunni décide de partir pour Ikati, ce qui pousse Tia, par solidarité, à l’accompagner.
Les deux femmes se retrouvent alors impliquées dans une sordide affaire de sacrifice tribal, où plusieurs jeunes filles, qui auraient eu des attitudes non conformes à la morale traditionnelle, doivent participer à une inquiétante cérémonie.
Les femmes seraient responsables du réchauffement climatique ! :
Mon Book Club a choisi ce livre pour accompagner le mois du changement climatique en septembre 2026, mais je dois avouer que le sujet apparaît trop timidement. Les sacrifices que doivent subir ces jeunes filles sont, d’une certaine manière, liés à la sécheresse et aux soudaines inondations qui ont secoué cette région du Kenya, et ce sont les filles jugées de moralité douteuse qui vont en payer le prix. Bref, du pur sexisme. Le vrai sujet du livre est donc la condition féminine dans la campagne kényane, aussi bien en matière de violences de genre que de misogynie intériorisée.
Soumise totalement aux mœurs traditionalistes et au patriarcat le plus arriéré, la femme en province est victime de l’homme dans tous les sens du terme. Battue, humiliée, mutilée, privée d’études et d’indépendance économique, sa seule porte de sortie est le mariage et les enfants. Selon l’autrice, il semblerait que ce ne soit qu’à la capitale, Lagos, que la femme puisse trouver un semblant de liberté et éventuellement poursuivre une éducation loin des carcans du patriarcat.
Sauf que ce thème, si important et fondamental, n’est pas accompagné d’un travail littéraire à la hauteur. Tout est direct et sans finesse : les personnages disent ce qu’ils ont à dire, les événements et les actions s’enchaînent sans qu’il y ait une véritable réflexion sur la manière de raconter l’histoire. Aucun parti pris narratif, aucun phrasé particulier ni richesse lexicale, il n’y a pas vraiment de littérature.
Le traitement est vraiment naïf, jusqu’à en devenir parfois presque affligeant, comme avec cette ficelle du « devenir viral sur internet », utilisée comme un deus ex machina pour résoudre une situation complexe. De même, les méchants vont être punis, tandis que ceux qui ont fait de mauvaises choses vont s’excuser, changer leurs mœurs et chercher la voie de la rédemption. C’est très schématique. Il n’y a pas de véritable travail sur les arcs narratifs, sur les non-dits, sur la différence entre ce que l’on pense et ce que l’on dit, ni sur les nuances et les complexités des êtres humains.
À mon sens, And So I Roar, malgré ses bonnes intentions, propose un féminisme très décevant, surtout au regard de l’importance des sujets traités.
Le précédent roman d’Abi Daré, La fille qui ne voulait pas se taire (2020), fut un véritable succès, et And So I Roar est quelque part une sorte de continuation, même si j’ai l’impression qu’il peut se lire indépendamment. Il n’y a finalement pas beaucoup de littérature dans ce roman engagé, qui est sans doute beaucoup trop long : avec presque 500 pages, la narration emprunte énormément de méandres et de digressions avant de se recentrer sur l’essentiel.
C’est bien dommage, car le thème appelait un traitement beaucoup plus fin et mesuré.
Citation :
« Tu es une lionne, ma petite. Tu l’as toujours su, n’est-ce pas ? Hein ? » (Traduction improvisée)








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