(Beneath the Darkening Sky, 2013)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
L’attaque d’un escadron de rebelles sème la mort et la destruction dans le village d’Obinna, un jeune enfant de 9 ans. Les rebelles prennent les enfants comme à char à canon pour leur armée, seulement étant épargnés ceux qui ne dépassent pas la mesure du rifle AK47, jugés trop petits. Obinna n’aura pas cette chance, suffisamment grand, il sera kidnappé avec son frère et plein d’autres enfants. Pour eux il commence une vie incroyablement dure dans l’armée des rebelles, où leurs vies n’auront aucune valeur.
La vie d’une enfant soldat :
Ce n’est pas un roman autobiographique au sens strict mais le point de départ de la narration d’Obinna épouse celle de Majok Tulba, qui fut témoin dans son enfance de la dévastation de son village dans le Soudan du Sud. A différence d’Obinna, le jeune écrivain ne dépassait pas la hauteur du AK47, condition nécessaire pour être pris. Dans ce récit de fiction basé dans une réalité épouvantable, l’écrivain imagine quel aurait était sa vie s’il avait eu la taille pour été kidnappé pour l’armée rebelle.
Dès la première séquence de destruction du village d’Obinna, la violence présente dans le livre sera insoutenable pour beaucoup des lecteurs, auxquels je devrais absolument prévenir que cela ne s’atténue pas le moindre sur le reste de la narration. Le livre tout entier décrit un quotidien extrêmement violent et dur, dans lequel les vies des enfants n’ont aucune valeur. Utilisés en tant que chair à canon pour le déminage des chemins, les enfants soldats, dépourvus des armes au début, seront totalement soumis aux velléités d’une hiérarchie arbitraire et sadique, tués sans pitié au moindre écart de conduite. Baigné dans cette ambiance déshumanisante, l’enfant va perdre progressivement sa boussole morale et commettre des actes de plus en plus irréparables avec le seul but de survivre.
Le récit ne se cache derrière des ellipses ni de subtilités et présente les faits d’une façon crue, décharnée et directe. Des hommes sont zigouillés, des femmes violées, des enfants se font déchiqueter par des mines anti-personnelles. Attention aux lecteurs sensibles, qui peuvent être perturbés par le réalisme effroyable de ces séquences.
Selon les paroles de l’écrivain, « Je voulais que l’histoire soit racontée ainsi, car beaucoup des gens n’ont jamais vu ces choses-là, mais pour la plupart des Sud-soudanais, la violence, les tueries, et les champs de mines sont des réalités quotidiennes. Il fallait que je fasse sortir tout cela de ma tête, et le mettre à la portée de tout le monde, façon que d’autres gens puissant le lire et se demander : Pourquoi est-ce que cela arrive ? » (Traduction improvisée)
Sans un vrai parti pris littéraire, mis à part rassembler dans l’histoire d’Obinna, les faits que l’écrivain a compilés dans sa recherche, la narration est plutôt simple et directe. Autre son intérêt documentaire, le roman décortique habilement la façon progressive comment l’enfant est dépossédé de son humanité réveillant la bête qui sommeille dedans, en vue à créer un enfant soldat redoutable.
Après son passage dans des champs de réfugiés, Tulba trouva asile en Australie, où il devint scénariste et réalisateur, et où il vit avec sa famille.
Citations :
« La peur est une deuxième peau sous la première, et elle est faite de glace. »
« Je me sens mort. Une part de moi souhaite que je le sois. Quelle liberté ce serait alors. »
« Je suis tellement habitué à avoir peur, que ma pensée doit créer des cauchemars pour que je puisse me sentir normal. » (Traductions improvisées)








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