(Black mamba boy, 2011)
Traduction: Françoise Pertat. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Aden, Yémen, 1935. Exilé au Yémen avec sa mère Ambaro, le jeune enfant Jama vit dans une situation très précaire. A la mort de sa mère alors que le garçon n’a que 11 ans, il sera contraint de vivre dans la rue jusqu’à qu’il puisse trouver de l’aide pour traverser le détroit et rejoindre sa tante à Hargeisa, capitale du Somaliland, dont sa famille est originaire. Jama se propose de rejoindre son père, qui aux dernières nouvelles était conducteur de camions au Soudan. Avec la guerre mondiale qui se dessine à l’horizon, le destin de Jama sera balayé d’un pays à l’autre, en recherche d’un avenir possible.
Bildungsroman au Nord de l’Afrique en pleine guerre mondiale :
Dans ce récit d’apprentissage, l’écrivaine Nadifa Mohamed retrace en réalité l’enfance et jeunesse de son père. Le périple de Jama est incroyable, commençant en 1935 au Yemen, Jama voyage vers le Somaliland, en Somalie, puis au Djibouti, en Érythrée, en Égypte, en Palestine et encore d’autres endroits et péripéties que je ne vais pas spoiler. Dans ce parcours de vie surprenant, peut-être pas si atypique à cette époque et dans cette région du globe, Jama sera obligé de grandir et s’adapter à une vie itinérante marquée par la violence, le racisme et la misère. Attention, certaines séquences peuvent être dures, notamment par le ton détaché et factuel du livre, qui ne ménage rien.
Le récit commence peu avant la deuxième guerre mondiale, et les tensions entre les puissances affrontées dans le conflit pour la domination du territoire ne vont pas tarder à éclater. L’Italie, qui à l’époque avait colonisé la Somalie, se trouve en guerre contre les anglais, alors installés en Éthiopie. La guerre continue, et bientôt les juifs qui fuient l’Allemagne nazi cherchent à s’installer en Palestine, comme ceux qui se trouvent sur le bateau ‘Exodus’ en 1947. L’histoire du Nord de l’Afrique et du Moyen-Orient pendant le conflit mondial est vraiment complexe, et le roman peut faciliter quelques clés pour approfondir les connaissances du lecteur.
Mais autre cet intérêt historique et documentaire, j’ai trouvé le récit assez plat. C’est riche en évènements et situations, mais dépourvu d’un vrai relief littéraire, des personnages marquants ou des thèmes clairs. Des descriptions assez cliniques et factuelles de ce qui se passe s’enchainent : Jama voyage quelque part, il fait ceci, il rencontre celui-là, il part là, il travaille là-bas, il est victime de… etc… Puis dans le chapitre suivant d’autres péripéties. Ainsi, Jama passe d’un pays à l’autre, d’un conflit à l’autre, mais la narration ne va pas au-delà des actions qui se déroulent, et même le thème du passage à l’âge adulte ne semble pas assez développé. L’ensemble manque cruellement d’émotion, malgré le parcours émouvant du jeune Jama.
Intéressant sans doute, mais pour un livre pas trop long, j’ai trouvé cela un peu interminable.
Citation :
« Il suffisait que Jama regarde les visages des réfugiés pour qu’il soit renvoyé dans ses propres cauchemars, jusqu’à ressentir à nouveau la peur profonde, le désespoir et la haine de soi. Tout comme Jama, les réfugiés avaient été traités comme du bétail, avaient été moqués, battus, dégradés par des hommes qui se délectaient de leur pouvoir, et cette humiliation ne quittait plus jamais personne. Elle s’installait sur leurs dos comme un démon, et par intermittences ces démons creusaient dans leur chair pour les rappeler où est-ce qu’ils avaient été. » (Traduction improvisée)








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