(2005)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de contes :
‘La femme panthère’ est le conte que clôture le recueil : Un chasseur fait le guet caché sur un arbre, lorsqu’une panthère s’approche. Sans remarquer la présence de l’homme, l’animal enlève sa peau se métamorphosant en une belle jeune femme. Elle cache sa peau de félin dans une termitière le temps de faire le marché. Mais à son retour le chasseur a déjà volé la peau. Devant le chagrin de la jeune femme, il la convaincra de le suivre chez lui, où l’attendent déjà une femme et des enfants.
Patrimoine oral béninois :
Ce recueil est le résultat de la transcription en Français de histoires racontées à l’oral par différents conteurs, dans les différentes langues et régions du pays, le tout sous la supervision de Israël Mensah. Ce sont des histoires et légendes ancrées dans la mythologie béninoise, remplies de royaumes oubliés, des femmes à la beauté saisissante, des héros, des chasseurs ou des simples hommes, des esprits et des animaux magiques. Ces contes proposent souvent un dilemme moral et parfois une possibilité de choix pour le lecteur, style « Qu’auriez-vous fait dans cette situation ? »
Ces contes un peu désuets à la moral souvent sexiste (« Les femmes ci, les femmes ça… »), présentent des personnages très schématiques et des enjeux simples. Les leçons morales ne permettent pas d’aller trop loin dans le traitement des thèmes, et en général ils ne brillent pas par ses qualités littéraires. Leur mérite est ailleurs : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », ce sont les mots prononcés à l’UNESCO en 1960, par le poète malien Amadou Hampâté Bâ, qui se battait pour la sauvegarde de la littérature de tradition orale en Afrique. Grace à ce travail de compilation, le patrimoine oral traditionnel béninois peut survivre pour les générations futures, même si d’un point de vue strictement littéraire, leur intérêt soit limité.
Attention, par la présentation de l’ouvrage avec les illustrations de Nicolas Thers, on pourrait croire qu’il serait destiné à un lecteur jeune, or, ce n’est pas tout le temps le cas. Certes, certains récits sont plutôt des contes bon enfant, comme la fable des moustiques et crapauds qui doivent faire un effort pour surmonter leurs différences ; mais d’autres, même si très axés sur la mythologie et la fantaisie, sont plutôt osés et assez violents, il y a plein de sang et de morts, et souvent les méchants (assez fréquemment des femmes jalouses) sont punis avec une main coupée, la décapitation, ou une autre délicatesse sympathique du genre. Pas du tout recommandable comme littérature jeunesse donc.
Citation :
« Il ne faut jamais affirmer ni croire qu’on est toujours le plus intelligent. »








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