Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AfriqueÉgypte

Le palais du désir

Naguib Mahfouz

(Qasr al-Chawq, 1957)
Traduction : Philippe Vigreux. Langue d’origine : Arabe
⭐⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Deuxième volet de la fresque familiale dédié à la vie de la famille de Ahmed Abd El-Gawwad, après ‘Impasse des deux palais’. On est dans années 20 du XXe siècle, les enfants d’Ahmed sont adultes maintenant et l’Égypte est un pays indépendant. La famille s’agrandit avec les mariages et les enfants de Aîsha et Khadiga, Yassine continue à ne pas savoir se comporter, et Kamal est maintenant un jeune adolescent plein d’inquiétudes amoureuses.

Fresque familiale au Caire 2 :

C’est une magnifique suite du roman ’Impasse des deux palais’, toujours dans le même esprit. Le quotidien de la famille continue à s’entremêler avec les évènements de l’histoire d’Égypte, cette fois dans les années 20 du XXe siècle, marquées par la convulse situation politique du pays suite à l’indépendance.

Le roman, cette fois, va se structurer autour du dilemme d’Ahmed. Ce monde de traditions austères qu’il impose à la maison s’écroule lentement autour du lui. La modernité va s’immiscer dans les vies de la famille et le patriarche sera, petit à petit, contraint de montrer un visage plus avenant s’il veut conserver sa famille.

La simplicité du talent de Mahfouz se déploie à plusieurs niveaux : L’introspection psychologique des personnages, le contexte historique qui participe dans l’intrigue et le pouvoir visuel de ses mots.

Deuxième volet de la Trilogie du Caire, qui comprend aussi les romans : ‘Impasse des deux palais’ et ‘Le Jardin du passé’. C’est fort recommandable les lire dans l’ordre. Chacun des volumes porte le titre d’une rue du Caire, concept malheureusement perdu lors de la traduction en français, où on a privilégié l’exotisme.


Citation :

« En vérité, M. Ahmed Abd el-Gawwad n’était qu’un effroyable tyran qu’au milieu des siens. Partout ailleurs, en compagnie de ses amis, gens de connaissance ou clients, c’était un autre homme, qui jouissait certes d’une grande part de dignité et de respect, mais qui était avant tout une personne aimée. »

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