Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AfriqueAlgérie

Les hirondelles de Kaboul

Yasmina Khadra

(2002)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Afghanistan sous le régime taliban. Atiq travaille dans une prison, sa femme est cloîtrée à la maison, très malade. Mohsen et Zunaira sont un couple d’intellectuels Afghans qui ont vu leur vie basculer, et leur pays sombrer dans l’obscurantisme depuis l’arrivée des talibans. Un jour, Mohsen assiste à une lapidation publique, ce fait va déclencher un engrenage qui mêlera la vie des 4 personnages.

L’autre côté du miroir 1 :

Lapidations, exécutions, mort, sont le quotidien noir sous le régime des talibans. Le livre en fait une critique acerbe de ce régime qui vise à annuler la pensée objective, comme s’est représenté dans l’incommunication qui s’établi entre Mohsen et sa femme Zunaira, jadis deux êtres brillants et ouverts au monde.

Des milliers de Burkas qui s’entremêlent dans la rue, symbole de cette idée d’enlever toute individualité, de convertir les êtres humains à l’uniformité, à la pensée unique. Les destins croisés de ces personnages vont tisser un complexe réseau de réaction par rapport à cette négation de l’individu. Les rues brulantes de Kaboul, l’ambiance glaçante de la prison et l’agonie de la femme prisonnière à l’intérieur du burka font partie des enjeux de ce roman fabuleux, fin et passionné à la fois, qui met l’accent sur l’abjecte que l’être humain est capable de faire si les conditions sont réunies.

Qui est en réalité cette personne dans le miroir ?

Chaque personne peut se voir dans la glace et imaginer : Si cela m’arrivait, comment je réagirais ? C’est ce procédé qui utilise Khadra pour projeter ses personnages dans ces situations qui vont faire affleurer les recoins les plus sombres et cachés de leur âme.

‘Les Hirondelles de Kaboul’, ‘L’attentat’ et ‘Les Sirènes de Bagdad’ forment une trilogie qui aborde le conflit entre l’Orient et l’Occident, en essayant de comprendre les deux parties, pour déceler les tenants de cette incompréhension entre deux façons de voir le monde, qu’on soit en Afghanistan, en Palestine ou en Irak. Chaque livre peut se lire indépendamment, car c’est seulement la thématique qui les unit, mais je recommande les lire dans l’ordre chronologique, car il y a une subtile progression vers l’autre côté du miroir.


Citation :

« Ici, au moins, je suis moi, Zunaira, épouse de Moshen Ramat, trente-deux ans, magistrat licencié par l’obscurantisme, sans procès et sans indemnités, mais avec suffisamment de présence d’esprit pour me peigner tous les jours et veiller sur mes toilettes comme sur la prunelle de mes yeux. Avec ce voile maudit, je ne suis ni un être humain ni une bête, juste un affront ou un opprobre que l’on doit cacher telle une infirmité. »

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