(Ituĩka Rĩa Mũrũngarũ: Kana Kĩrĩa Gĩtũmaga Andũ Mathiĩ Marũngiĩ, 2016)
Traduction : Renée-Edwige DRO. Langue d’origine : Gikuyu
⭐⭐⭐
Ce que raconte cette courte fable métaphorique :
Les différentes parties du corps humain établissent une compétition pour asserter leur plus grande importance. Pour apaiser le conflit et prévoir des futures distensions il est accordé que les pieds resteront fermement attachés au sol, tandis que les bras seront libérés pour pouvoir bouger dans l’air. L’être humain marchera ainsi, débout.
Métaphore sur la lutte pour le pouvoir :
Derrière cette fable sur les parties du corps et leurs conflits pour le pouvoir, Ngugi réfléchit sur la soif de domination de l’être humain, sur l’égalité, et sur l’unité en tant que source unique du pouvoir, car seulement quand les parties du corps s’unissent, autant en pensée que dans les joies et les souffrances, l’homme peut vraiment avancer. Le maître Kenyan offre un récit beau et sans doute intéressant, même si peut-être trop court et loin de la complexité et ambigüité morale de ses meilleurs œuvres.
À partir des années 70 Ngũgĩ commença à écrire exclusivement en Kikuyu, pour attendre son destinataire principale, le peuple Kenyan, revendiquant sa langue propre et non pas l’anglais imposée dans la période coloniale. ‘La révolution verticale’, écrite effectivement en Kikuyu, fut traduite en anglais par le propre auteur (‘The Upright Revolution: Or Why Humans Walk Upright‘), et jusqu’à maintenant a été traduite dans plus d’une centaine de langues, faisant de cette fable métaphorique la nouvelle ou conte africain le plus traduit de tous les temps.
‘La révolution verticale’ est disponible gratuitement ici, grâce au projet Jalada Africa. Elle est présentée dans toutes les traductions qui existent, dont celle en français réalisée par Renée-Edwige DRO.
Citation :
« Cependant les organes du corps savaient que l’arrangement permanent auquel ils étaient parvenus pouvait toujours engendrer des conflits. La tête du haut du corps pouvait se sentir mieux que les pieds qui touchaient le sol ou qu’elle était la maitresse et les organes en-dessous d’elle, de simples serviteurs. Ils appuyèrent sur le fait qu’en termes de pouvoirs, la tête et n’importe quel organe en-dessous étaient égaux. Pour appuyer cela, les organes s’assurèrent du fait que la douleur et la joie de n’importe quel organe se sentirait par tous. »








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