Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AfriqueSomalie

The lifebloom gift

Abdul Adan

(The lifebloom gift, 2014)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐

Ce que raconte cette courte nouvelle :

Le narrateur, un employé de la sécurité de l’aéroport, perd son travail suite à une accusation d’attouchements à caractère sexuel lors qu’il fouillait un passager, et est en attente du jugement. Mais à priori, les actions du narrateur n’auraient eu aucun intérêt sexuel, simplement il chercherait des lifebloomers, des personnes qui auraient le don de communiquer avec le sens du toucher. Ce don, qui se transmet principalement par le toucher des grains de beauté, lui aurait été appris par sa connaissance de Ted Lifebloom.

Orgasmes spirituels :

Le récit nous parle d’un don on dirait magique, possédé par des personnes qui ont des grains de beauté spéciaux, ceux qu’on appelle les lifebloomers, d’après Ted Lifebloom le lifebloomer original, que le narrateur adore comme son guru. En pressant sur ces grains de beauté d’une personne qui aurait le don, elle pourrait ressentir une expérience mystique et découvrir ce qui est l’amour. Lifebloom est un mot un peu inventé qui peut se traduire par épanouissement vitale. Une sorte d’orgasme spirituel.

Pas sûr que cela parle de consentement mais certainement le sujet se prête à être lu comme une métaphore de cela, car le narrateur et Ted, recherchent activement des potentiels sujets qui auraient le don, pour les toucher à leur insu et découvrir si l’effet se produit. A priori le caractère de ce contact n’est pas sexuel mais plutôt spirituel, mais est-ce qu’on n’est pas en train de dépeindre le manque de remords, et la perte de repères réels, d’une personne qui se croit en droit de faire des attouchements à une autre ?

Mais c’est trop court. Cet univers étrange et suggestif, apparaît et disparaît aussitôt après onze pages. Intéressant sans doute, mais pour développer un vrai projet littéraire avec des éléments de départ si riches, il aurait fallu bien plus des pages. Ce court récit fut shortlisté en 2016 pour le prestigieux prix Caine (connu comme le Booker africain), décerné à des courtes nouvelles publiées en anglais par des auteurs africains.


Citation :

« Ted n’avait pas seulement le don de te mener vers cet univers verdoyant par le toucher de sa main, mais il pouvait aussi te transférer une partie de ses dons. Pour vraiment pouvoir les utiliser, tu devais être porteur de au moins un grain de beauté spécial et être partant pour aider d’autres Lifebloomers à se découvrir. » (Traduction improvisée)

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *