(2017)
Langue d’origine : Français
⭐
Ce que raconte ce roman :
Libreville, Gabon. Le Lieutenant Jean-Marc Ossavou travaille à la Sûreté depuis des années, après une carrière marquée par la disparition de sa mère et sa sœur, mortes dans un accident de voiture dont le coupable ne fut jamais enquêté. Un jour Jean-Marc drague une jeune fille appelée Svetlana, et finit peu après pour la déposer chez elle. Lors que le lendemain il passe la chercher, il apprend qu’en réalité elle est morte depuis deux ans et son assassinat n’a jamais été élucidé.
Le fantôme veut trouver son assassin :
Oui, vous l’aurez bien compris, c’est bien le fantôme d’une jeune fille ce qui va déclencher l’enquête (Soyez sans crainte la révélation se fait bien au début du roman). Ce cold case vieux de deux ans, sera rouvert, dévoilant un treillis de corruption dans les bas-fonds de Libreville assez simple comme peu crédible. Les méchants sont un peu caricaturaux et puis, cette histoire de fantôme qui cherche à résoudre son assassinat ne semble étonner personne. Il y a des éléments intéressants mais rien n’est pas vraiment bien développé.
Ce court polar risque donc de froisser une bonne partie des lecteurs par l’absurdité de l’élément fantomatique de l’intrigue, par ses limitations littéraires, mais à mon avis et surtout par le caractère peu avenant et la désinvolture du protagoniste principal. Le Lieutenant Jean-Marc est un anti-héros fade qui risque d’agacer plus d’un lecteur. On aura du mal à avoir un peu d’empathie pour lui, et le traumatisme qu’il traine après la mort de sa famille n’est jamais suffisamment travaillé comme pour compenser ou expliquer son caractère désenchanté et nonchalant.
Jean Marc a une compagne, Marie, qu’il semble à peu près aimer, sauf que cela ne lui empêche de chercher quelques conquêtes à droite et à gauche, dont Svetlana, la fille fantôme qui déclenche l’intrigue. Marie, belle et intelligente (professionnelle de la médecine de plus), semble pardonner autant le caractère volage de son compagnon que le fait qu’il attende qu’elle fasse la cuisine et le ménage. Il est policier, mais elle est médecin. Médecin ! On peut dire que le protagoniste est un macho incorrigible, mais qu’elle soit si stupide, cela passe beaucoup moins. Malheureusement cela semble transpirer sur tous les protagonistes et relations du roman. La plupart des femmes du récit ont un lien subordonné aux hommes, et le roman baigne dans un univers assez sexiste. Pour un roman écrit en 2017 par un écrivain assez expérimenté, c’est un peu moyen.
Ce serait peut-être moins grave si tout cela était rattrapé par une intrigue haletante portée par des protagonistes singuliers, qui évolueraient dans une ambiance soignée et originale ; or le développement du roman est trop court pour permettre des rebondissements intéressants, les ficelles narratives sont trop grossières et il y a beaucoup trop de lieux communs. Le travail d’introspection psychologique est très limité : aucun non-dit ou sous-entendu, rien n’est suggéré. Quelques expressions locales donnent un peu du sel à la narration mais le style est scolaire et banal et les dialogues plats et sans intérêt. C’est fade, mais au moins c’est court et la lecture est facile. À mon sens à éviter, sauf peut-être pour cocher la case Gabon dans un challenge de lecture around the world.








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