(In One Person, 2012)
Traduction : Josée Kamoun et Olivier Grenot. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Vermont, Notre narrateur Billy Abbot est un jeune homme de quinze ans, en plein de questionnement sur sa sexualité, abasourdi par la sensation grandissante qu’il ne rentre pas dans la même case que ses pairs. Il grandit dans le théâtre où sa mère travaille comme souffleuse et son grand-père exerce des rôles féminins sur scène. Billy réalise que l’éventail de ses attirances est très large : Son beau-père, des hommes, des femmes mûres, des femmes transgenres. Une sexualité un peu hors de commun se dessine pour lui, sans qu’il sache mettre les mots qui correspondent. Dans ce contexte de déroute adolescente, Billy tombe sur le charme de Miss Frost, une bibliothécaire mystérieuse et quarantenaire qui l’initie à la littérature.
Je suis comme je suis :
Hymne à la liberté de l’individu et au droit d’aimer qui on veut comme on veut, ‘À moi seul plein de personnages’ se centre sur une personne qui ne ressemble à aucune autre. C’est un livre très sensible et bien documenté sur la thématique LGBTQ+ au sens large du terme, qui propose une réflexion sur ce qui est le désir, et sur le rapport entre la société bienpensante et tout ce qui est différent. La bisexualité, la pan-sexualité, la transidentité, le polyamour, le roman touche toutes ses cases avec beaucoup de sensibilité et finesse, refusant l’obligation de coller une étiquette aux individus. Contre tout jugement, la seule option possible est l’exercice de la liberté individuelle.
Déjà en 1978, dans ‘Le monde selon Garp’, Irving développait remarquablement le personnage de la femme transgenre Roberta Muldoon, sous une optique résolument positive et pleine de lumière. C’était peu habituel à l’époque, ce genre de personnages était plutôt traité de façon tragique, glauque ou comique. Ici, plus de 30 ans après, il approfondit sur ce sujet d’une façon encore plus nuancée et sensible.
Comme d’habitude Irving propose la panoplie complète de ses thèmes favoris : La lutte, les relations sexuelles hors-norme, l’accident mortel, les ours, l’écriture, l’absence de père, le rapport entre femme adulte et jeune homme, le cinéma. Tous ces thématiques reviennent inlassablement dans son œuvre d’une façon ou d’une autre, formant un ensemble cohérent, foisonnant et unique.
Rempli de toutes les extravagances classiques de l’auteur (Personnages hauts en couleur, intrigue rocambolesque, thématiques osées), ‘À moi seul plein de personnages’ est une merveilleuse ode à la diversité, pleine de grâce et sensibilité.
Citations :
« Nous avions grandi à une époque où nous étions pleins d’aversion pour notre différence sexuelle, parce qu’on nous avait fourré dans le crâne que c’était une perversion. »
« (…) la haine de soi est bien pire que la solitude. »
« Mon jeune ami, je te prierai de ne pas me coller d’étiquette. Ne me fourre pas dans une catégorie avant même de me connaître. »








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