(Adiós mariquita linda, 2004)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte cette collection de chroniques autobiographiques :
Ce recueil rassemble tout un ensemble d’articles, récit et chroniques publiés par Lemebel depuis les années 80 dans plusieurs médias, comme The clinic, un journal satirique de gauche, abordant sujets divers comme la politique, l’intellectualité chilienne, la communauté LGBTQ+ au Latino Amérique, l’homophobie, le Sida… ainsi que sa propre vie privée et celle de son entourage amical.
Lemebel, Lemebel et Lemebel :
Dans cette collection de récits à la première personne l’auteur se place totalement au centre de la narration, décryptant sa vie privée, la société qui l’entoure, et l’ambiance culturel et politique du Chili et de l’Amérique latine, le tout sous un esprit transgresseur et provocateur, mais lucide et réfléchi. L’ensemble de chroniques tisse un panorama assez documenté de la mouvance LGBTQ+ de l’époque, mais surtout nous parle de lui, de ses failles, de ses vertus et de son combat pour garder toujours sa dignité dans les situations les plus invraisemblables.
Sans jamais juger ni lui-même ni personne, Lemebel se met à nu dans tous les sens du terme, et propose une narration très honnête et directe, qui montre sans ambages toutes les lumières et les ombres de son propre personnage. Lemebel est présenté autant comme un ami fidèle, que comme une diva facilement vexée ; il peut autant être l’intellectuel de gauche défenseur des marginés tel qu’on s’attendrait de lui, que l’homme qui ne trouve réconfort que dans des bras ‘prolétaires’ (ses propres mots). Pétri de contradictions, notamment de classe, l’écrivain adore s’encanailler avec des jeunes peu cultivés, sans travail ni moyens, qui contrastent à tous les niveaux avec son image de poète raffiné et respectée.
Le langage et le phrasée sont quand même extraordinairement beaux, et c’est dommage qu’il n’y ait pas une traduction française qui puisse rendre justice à ce texte. Mais, mis à part le talent remarquable de l’écrivain pour conjuguer la beauté stylistique de sa prose avec le franc parler le plus cru et directe, le recueil part un peu dans tous les sens. Nuits torrides avec des jeunes éphèbes et ou prostitués, invitations et conférences dans des salons culturels, fêtes mondaines, réflexion sur l’actualité politique et sociale… Par la propre nature du recueil, c’est totalement décousu, et il n’y a pas une vraie unité littéraire qui puisse donner cohésion au livre en tant que tel, autre la dimension résolument autocentrée de tous les récits.
Citation :
« Por eso escribo de mi pueblo con este desenfado, porque conozco y bebo gota a gota la emoción pelleja de su sexo roto. »
(« C’est pour ça que j’écris sur mon peuple avec cette désinvolture, parce que je connais et je bois, goutte à goutte, l’émotion décharnée de son sexe déchiré. » (Traduction très improvisée)








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