(Anaconda, 1921)
Traduction : Frédéric Chambert. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce conte :
L’arrivée d’un groupe de scientifiques qui ont le projet d’enlever le venin des serpents de la région pour en faire des antidotes, met en émoi la communauté des ophidiens. La vipère Croisée sera faite prisonnière lors d’une attaque échouée contre leur chien. Le congrès de serpents venimeux se réunit pour trouver un consensus pour affronter le problème, et même le grand anaconda y est invité.
Fable ophidienne :
Le maître uruguayen du conte et de la nouvelle, s’attache à un récit un peu plus long ici, sous la forme d’une fable animalière, centrée sur l’univers des serpents, qui sont anthropomorphisés pour pouvoir décrypter leur comportement comme si elles étaient des êtres humains. Des vipères, des couleuvres, un anaconda et même une Cobra Royal, tous ces reptiles ont des personnalités marquées. En peu de pages Quiroga fait exister chacune des espèces de façon remarquable.
Le style sobre mais très efficace de l’écrivain uruguayen est au rendez-vous, l’action est bien rythmée, et les séquences du congrès sont traitées avec beaucoup de dérision, faisant en quelque sorte une critique de la futilité des rapports humains, et en plus cela se lit très facilement, mais malgré toutes ces qualités, le récit en soi ne va pas trop loin. C’est très entertaining quand même.
La mort a marqué la vie de Quiroga : son père meurt lors d’un accident de chasse lorsqu’il avait trois ans, le jeune Horacio est le premier témoin du suicide de son beau-père par un coup de fusil en pleine visage, s’en suit le suicide de sa première femme, puis la mort de son meilleur ami par un accident produit par un pistolet que Quiroga lui-même était en train de manipuler. La tragédie l’a poursuivi inlassablement, jusqu’à que lui-même a mis fin à ses jours, en 1937.








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