(Fierce Attachments: A Memoir, 1987)
Traduction : Laetitia Devaux. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
New York peu après la guerre. Vivian vit avec sa mère, mais leur cohabitation est compliquée car les deux femmes s’aiment autant qui se détestent. Dans la communauté juive du Bronx où elles habitent, le monde est petit et tout le monde sait tout sur tout le monde. Des années plus tard on trouve la mère et la fille toujours en conflit, lors de promenades new-yorkaises, où elles essayeront de surmonter leurs problèmes de communication.
Je t’aime moi non plus entre mère et fille :
‘Attachements féroces’ est un récit clairement autobiographique, qui vire presque au règlement de comptes. Le personnage de la mère, présentée comme une femme autoritaire, dure et pas commode, est incapable d’écouter ou comprendre Vivien, ce qui contraste avec l’amour sincère qui la relie à sa fille. Vivien, de son coté, désarmée par sa mère, abandonne trop vite, capitule et démissionne pour avoir un semblant de paix.
Le ton est sarcastique, presque caustique. Leur relation est éprouvante : Incapables autant de vivre ensemble comme de vivre séparées, ces deux femmes composeront avec leurs différences irréconciliables et essayeront de trouver des terrains d’entente dans cette Bronx juif d’après-guerre, et, beaucoup d’années plus tard, elles seront plus reliées par la nostalgie de cette époque où elles se sont autant aimées que détestées. Le récit jongle entre le présent et le passé, nourrissant de nuances la relation entre les deux personnages.
Récit assez dur et sans concessions sur les relations mère-fille, mais qui n’est pas exempt de tendresse. Le roman reste intéressant malgré le manque d’action ou intrigue, même si parfois il y a des longueurs et semble quelque part peu abouti.
Citation :
« Deux femmes aux inhibitions étonnamment proches, liées parce qu’elles ont passé toute leur vie ou presque dans l’orbite l’une de l’autre. À des moments comme celui-ci, notre rapport mère -fille sonne comme une note étrangère. Je sais que c’est parce que nous sommes mère et fille que nos réactions sont la même image inversée dans un miroir, et pourtant, le mot filial ne me semble pas approprié. Au contraire, l’idée de famille, d’une vie de famille, nous déconcerte : elle soulève des doutes chez elle autant que chez moi. Nous sommes tellement habituées à nous voir comme deux femmes mal préparées à la vie, socialement inadaptées (elle veuve, moi divorcée) incapables à jamais d’avoir une vie de famille. »








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