(Catch-22, 1961)
Traduction : Brice Matthieussent. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
2ème guerre mondiale. Une escadrille américaine d’avions bombardiers est stationnée dans Pianosa, une île du méditerranée italien. Le jeune Yossarian est un des meilleurs pilotes, et il est sans cesse renvoyé au front en mission. Pour essayer d’échapper à l’horreur de la guerre, le seul moyen est se faire passer pour fou. Mais le colonel Cathcart utilise une entourloupe pour assigner un nombre croissant de missions aux pilotes : Selon l’article 22 (Catch 22) ” quiconque veut se faire dispenser de l’obligation d’aller au feu n’est pas réellement cinglé.”
Farce tragicomique avec dénonciation de l’absurde de la guerre :
Un des grands classiques américains du XXe siècle, qui acquit sa réputation par la dénonciation de la folie de la guerre, à travers d’un humour absurde et satyrique. Dans cette ambiance militaire en apparence stricte et sévère, des dizaines de personnages hauts en couleurs s’entremêlent dans les situations les plus ubuesques. Une espèce de Kafka drôle en ambiance militaire. Le roman, en fait, doit beaucoup à un autre classique plus ancien d’un écrivain tchèque : ‘Le brave soldat Švejk’ de Jaroslav Hašek (1921). Le sujet et l’humour sont très similaires, mais personnellement je trouve plus originale et drôle ‘Le brave soldat Švejk’ que ‘Catch 22’.
‘Catch 22’ est certainement un grand livre, et je comprends tout à fait l’engouement des milliers de lecteurs qui le plébiscitent. Mais personnellement j’ai éprouvé certaines difficultés à accrocher à ce récit. Tout d’abord le foisonnement incroyable de personnages, beaucoup d’entre eux n’apparaissent que fugacement et ne reparaitront jamais. Cela part dans tous les sens, j’aurais franchement apprécié une gamme restreinte de personnages dans une structure plus définie. Aussi, même si on est dans une base militaire remplie d’hommes soldats, il y a une absence effarante de personnages féminins. Quelques infermières et quelques prostitués qui peinent à exister comme personnages et c’est à peu près tout. Que des hommes. On ne parle même pas des femmes. Gros point négatif à mon sens.
L’humour est noir et percutant, mais un peu daté à mon sens. Souvent je lis de témoignages des lecteurs qui se tordent de rire, eh ben pas moi. Un air d’humour britannique à la Monty Python plane sur l’œuvre de cet auteur pourtant bien américain. Mais j’ai trouvé dans ce satyre, un humour trop poussif et répétitif (La guerre c’est absurde, et la hiérarchie c’est absurde et le militaire est absurde et… bref, tout est absurde). Les paradoxes humoristiques qui remplissent ce livre se noient dans le pur excès et deviennent peu efficaces et moins drôles à force de répéter l’astuce une fois et une autre.
Le livre est long et peine à démarrer, sans doute par le labyrinthique nombre de personnages à présenter (dont plus de la moitié ne jouent aucun ou presque aucun rôle dans l’histoire), mais petit à petit les pièces commencent à se mettre en place, l’humour absurde est remplacé par une noirceur plus intéressante, le nombre de personnages finit par se limiter, le récit décolle d’une belle façon et la fin est satisfaisante. Donc un joli dernier tiers qui n’arrive pas à rattraper complétement les deux tiers précédents à mon sens. C’est quand même un livre unique, et je recommande l’essayer malgré tout.
Citation :
« Vers le bas de la pyramide de cet organigramme raisonné dont je représente le sommet, il y a des gens qui exécutent le travail dès qu’il leur parvient, et tout marche au quart de poil, sans trop d’effort de ma part. Je crois que c’est parce que je suis un bon organisateur. »








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