(Cien años de soledad, 1967)
Traduction : Claude et Carmen Durand. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Colombie. 6 Générations de la famille Buendía se succèdent dans le village de Macondo, depuis sa fondation, dans un coin isolé du monde par des eaux marécageuses. Les fondateurs, José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, c’est un couple formé des cousins, qui appréhendent la malédiction qui pourrait attendre sa descendance. Selon une prophétie gitane, les Buendía seraient condamnés à vivre cent ans de Solitude.
Macondo et le réalisme magique :
À travers un siècle d’histoire colombienne, les Buendía vont connaître sommets et abimes, le tout dans un récit fabuleux plein de magie, du réel, du rêve et du mythe.
Avec sa double structure temporaire et sa notion étrange du temps, à mi-chemin entre la narration linéaire et la temporalité cyclique, le roman se situe dans un terrain proche du conte mythologique. La structure cyclique est marquée par les répétitions autant dans les événements (le retour des gitans, les manuscrits de Melquiades, les poissons d’or, les insectes) comme dans les prénoms (Auréliano, José Arcadio, Remedios, Amaranta) et les personnalités des personnages, qui s’héritent de génération en génération. Dans la structure linéaire, les événements s’empilent (le déluge, la guerre, l’épidémie d’insomnie) mais le temps semble arrêté dû aux incarnations multiples des personnages dans le même contexte, toujours sous la prédestination de la solitude comme à thème centrale.
Autre la solitude, le prix Nobel colombien décline plusieurs sujets dans cette œuvre inclassable : le désir, l’inceste, la foi, le passage du temps, la tyrannie, la folie… Le roman est foisonnant à tous les niveaux, et rempli de passions exaltées, décrites avec exubérance de détails. Cependant, quand il s’agit d’amour, les émotions sont froides et sombres, à quelques exceptions près. Même certains personnages ont besoin de toute une vie de frénésie sensuel pour comprendre la vraie nature du sentiment amoureux.
Épopée étrange, pas pour tous les lecteurs, qui nous offre le García Márquez le plus complexe mais sans doute aussi le plus génial. ‘Cent ans de solitude’ est le grand chef d’œuvre du réalisme magique, courant littéraire développé principalement en Amérique Latine, marqué par la fusion du réel et du fantastique, en faisant que les éléments magiques soient traités comme s’ils étaient réels et quotidiens.
Relu en 2025, 30 années après la première lecture, l’enchantement est toujours là. La version 50ème anniversaire est fournie avec les sublimes illustrations de l’illustratrice chilienne Luisa Rivera. Attention, je vous recommande absolument de vous fournir d’une guide de personnages car on peut être très vite perdu (Les noms se répètent à mesure que les générations se succèdent)
Quelle fascinante merveille ce roman !
Citation :
« Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendía devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. »








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