(The house of Mirth, 1905)
Traduction : Charles Du Bos. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lyly Bart s’approche de la trentaine, et elle doit se dépêcher pour trouver un mari. Élevée dans la haute société, préparée pour rien faire d’autre qu’être admirée, Lily va se retrouver orpheline et ruinée. Le seul possible ascenseur sociale qui la sépare de la déchéance est le mariage. Elle mise tout son argent dans la quête du mari : coiffure, habilles, soirées… Elle dépense plus qu’elle a, mais elle est trop exigeante, les prétendants deviennent épars, et des ragots commencent à circuler sur son attitude un peu trop libérée et désinvolte.
C’est difficile le bonheur sans argent :
Un magnifique roman sur les mœurs rigides de la haute société américaine au début du XXe siècle, et le choix restreint présenté à la femme qui refuserait de se faire imposer quoi que ce soit.
Notre protagoniste a un côté capricieux et plein des petits défauts, elle aime beaucoup l’argent et le luxe, et ne cesse de calculer toutes ses actions dans le bout de garder ses privilèges de classe. Certains lecteurs de ce roman trouvent ce personnage peu avenant, souvent les mêmes qui n’aiment pas Becky Sharp, Anna Karénina ou Madame Bovary. Comme elles, Lily Bart n’est pas une héroïne parfaite, qui pense comme il faut, qui est toujours gentille et qui aime faire le bien. Non, Elle a des bons défauts qui feront trembler notre sens de l’empathie vers elle, mais ce qui dérange c’est surtout le fait qu’elle prend ses propres décisions, même si très souvent son catastrophiques. Et cela on ne lui pardonne pas.
Personnellement, J’aime beaucoup ce personnage snob, faux et manipulateur, qui essayera par des moyens peu orthodoxes de garder son indépendance, sa liberté et ses privilèges. Lily Bart refuse de se plier aux dictats de ce qui est attendu d’elle. Et c’est là où elle gagnera l’empathie des lecteurs, même si elle va nous énerver, avec ses failles, ses contradictions et ses caprices, qui parfois tiennent plus de l’autodestruction que de la survie. Souvent on se plaint qu’elle n’a pas profité de se marier avec un tel ou un autre. Hello ! Lily Bart est juste fidèle à elle-même ! C’est une héroïne assez moderne pour l’époque. Elle refuse d’être décrite par cette société hypocrite à laquelle, paradoxalement, elle veut autant rester accrochée.
Citation :
« Pourquoi faut-il qu’une jeune fille expie si chèrement la moindre infraction à la routine ? Pourquoi ne peut-on jamais faire une chose naturelle sans avoir à la dissimuler derrière tout un échafaudage d’artifices ? Elle avait cédé à l’impulsion du moment en allant chez Lawrence Selden, et il était si rare qu’elle pût s’offrir le luxe d’une impulsion ! Cette fois, en tout cas, cela pourrait lui coûter un peu plus que ses moyens ne le lui permettaient. Elle était vexée de voir que, malgré tant d’années d’application, elle avait gaffé deux fois en l’espace de cinq minutes. »








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