(Matate, amor, 2012)
Traduction : Isabelle Gugnon. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte cette novella :
Une jeune femme vit mal sa vie de nouvelle mère vivant à la campagne, et se livre dans un monologue intime à des confessions osées et sans filtre sur l’ennuyante réalité de son quotidien campagnard, les frustrantes relations avec son mari, ses souhaits intimes teints de délires sadomasochistes, et surtout sur ce nouveau-né qu’elle déteste, et ce rôle de mère qu’elle peine à assumer.
Logorrhée glauque et intense d’une Mme Bovary moderne :
Autant le dire de suite, je ne suis pas trop fan en général des romans en stream of consciousness, ni de Virginia Woolf, ni Faulkner, ni Proust, ni des plus modernes adeptes de cette technique. Alors ne m’écoutez pas trop si cela est de votre intérêt. Si vous êtes prêts à entendre (ou lire) une personne déverser non-stop toute sa pensée avec toutes les digressions et le chaos qui va avec, ce livre est pour vous. Si au bout de 10 pages, vous n’en pouvez plus, abandonnez sans regret, car la narration sera comme cela jusqu’au bout. Il faut aussi que le sujet ne vous effraie pas, car c’est aussi assez osé.
Sur le papier cela a l’air très intéressant. Le confinement campagnard de la protagoniste dans une vie cloitrée et ennuyante, rappelle sans équivoque ‘Mme Bovary’ de Flaubert. Et puis il y a la thématique de la mère dénaturée, très peu abordé en littérature. Alors seulement pour cela le livre méritait la lecture. Attention lecteurs sensibles, le récit est glauque et dur, souvent trash, et, dû au parti pris du monologue intérieur, le sujet est forcément traité d’une façon assumée et désinvolte. De ce côté je n’ai rien à dire, l’autrice est bien dans le thème. Par contre la narration en soi m’a semblé lourde et fatigante, même si formellement et stylistiquement très belle.
Moins de 100 pages qui m’ont semblé longues comme 1000, personnellement je souhaitais trop des fois qu’elle se taise et quelqu’un d’autre, moins intense de préférence, reprenne les règnes du récit, tellement je n’en pouvais plus d’elle. C’est quand même bien écrit, mais visiblement tous les livres de l’autrice sont écrits en stream of consciousness, donc probablement ce sera sans moi. Les fans de cette technique apprécieront.
Une adaptation cinématographique réalisée par Lynne Ramsay avec Jennifer Lawrence dans le rôle principal a vu le jour en 2025.
Citation :
« Je l’ai mis au monde, ça suffit. Je suis mère en pilote automatique. Il pleurniche et c’est pire que quand il pleure. Je le prends, lui offre un faux sourire, les dents bien serrés. Maman était heureuse avant le bébé. Maman se lève tous les matins voulant fuir ce bébé et il ne fait que pleurer encore plus. » (Traduction improvisée)








0 Comments