Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AmériqueChili

D’amour et d’ombre

Isabel Allende

(De amor y de sombra, 1984)
Traduction :   Claude et Carmen Durand.   Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

La journaliste Irène Beltràn, fille de bourgeois au tempérament décalé, travaille avec le photographe de presse Francisco Leal, dont la famille s’est échappée de la guerre civile espagnole. Irène est promise à un capitaine de l’armée, mais, lors d’un reportage banal, Irène et Francisco feront des découvertes glaçantes. Impliqués dans une sordide histoire de meurtres et répression cachés, ils seront trainés vers un univers étrange et sombre, dans lequel leur relation prendra des nouveaux accents.

Séparés par les ombres, unis par l’amour :

Le reportage qui Irène et Francisco doivent réaliser nous met en plein dans le réalisme magique cher à l’écrivaine chilienne, très influencée par l’œuvre de García Márquez. Évangeline fait des miracles et semble être un peu sorcière. À partir d’ici, les personnages étranges et rocambolesques se succèdent, combinant le côté tragique du récit avec un côté comique assez marqué.

Notre couple, après ces découvertes macabres, devrait fuir. Et c’est là, dans cette histoire d’amour sur fond sombre (Le titre nous avance tout), que le talent de Allende brille le plus, en nous offrant de l’émotion, de la lumière, et des sentiments purs au milieu des plus abjectes décors. La prose baroque d’Allende brille ici de ses plus belles phrases (voir citation ci-dessous).

On trouve dans ce roman à tiroirs, des portraits époustouflantes des femmes fortes et uniques. C’est le passeport que finalement détache Allende de l’univers du prix Nobel colombien, pour nous montrer sa propre personnalité, et au passage, nous embarquer dans la poursuite des rêves de toutes ces femmes latino-américaines.


Citation :

« Il ferma les paupières et l’attira à lui, cherchant ses lèvres, les ouvrant d’un baiser chargé de promesses d’absolu, convergence de tous les espoirs, un long et chaud et humide baiser, défi à la mort, caresse et feu, soupir et gémissement et sanglot d’amour. Il fouilla sa bouche, but sa salive, respira son souffle, disposé à prolonger cet instant jusqu’à la fin de ses jours, ballotés par l’ouragan de ses sentiments, convaincu de n’avoir vécu jusque-là que pour cette nuit miraculeuse où il allait s’immerger à jamais dans la plus profonde intimité de cette femme. »

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