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Dear America. Notes from an Undocumented Citizen

Jose Antonio Vargas

(Dear America. Notes from an Undocumented Citizen, 2018)
Traduction : Pas connue.   Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce récit autobiographique :

Aéroport de Manila, 1993. Jose Antonio Vargas, douze ans, est déposé par sa mère dans un avion destination la Californie aux États-Unis, où se grands-parents vont l’accueillir, en attente que sa mère puisse émigrer à son tour. Quatre années plus tard, à seize ans, en essayant de se procurer le permis de conduire, le jeune découvre que ses papiers n’étaient pas en règle et que sa green card est fausse. Ses grands-parents lui avouent la supercherie et le jeune garçon voit son monde s’écrouler. Dans l’impossibilité de légaliser la situation aux États-Unis, Vargas apprend à cacher son identité, obtient son permis dans le seul état qui n’est pas demandant des papiers, et petit à petit tisse un réseau d’amitié et soutient, que lui aidera à poursuivre ses études et à devenir un journaliste réputé.

La kafkaïenne situation des américains sans papiers aux États-Unis :

Sans traduction française connue au moment d’écrire ce critique (2025) ‘Dear America’ prend comme à sous-titre ‘Notes from an undocumented citizen’, qui explique le sujet principal de la narration : le combat d’un citoyen sans papiers dans l’impossibilité absolue de légaliser sa situation d’une façon ou d’une autre. Avec une opinion publique très marqué contre les gens comme lui, à l’appui d’une partie de la presse, poussé pour tous à légaliser sa situation, Vargas n’a pas vraiment aucun chemin prévu pour pouvoir le faire, les lois américaines étant absolument hermétiques et absurdes à son égard. Les États-Unis permettent qu’un immigrant illégal puisse payer ses impôts, mais ne lui offrent aucun accès aux services, ni aucun moyen pour sortir de l’illégalité. Dans cette situation incongrue, la seule sortie possible est de continuer dans la clandestinité.

Cependant c’est le titre ‘Dear America’ ce qui donne le ton émotionnel du récit, car au cœur de tout ce combat touchant des déracinés de l’immigration, on trouve l’histoire d’un garçon qui a passé presque toute sa vie aux États-Unis, au point qu’il devient son pays, un pays qui voudrait le déporter vers un autre pays qui n’est plus vraiment son pays. Le livre décrypte avec lucidité ce complexe conflit identitaire et réfléchit très intelligemment au dilemme moral qui s’en décolle de la situation.

Car, malgré la peur de se faire prendre par l’absence des documents, évitant tout voyage à l’étranger et toute démarche administrative, le jeune Vargas grandit sans jamais voir sa famille Philippine, toujours avec l’idée qu’il peut être démasqué à tout moment. Plus les années passent, plus il se rend compte que les États-Unis est sa vraie patrie et le retour au Philippines, pays où sa mère a dû finalement rester, n’est plus envisageable. Feignant d’être un citoyen américain, piégé dans le mensonge qu’il a dû maintenir depuis son enfance, le poids de ce secret deviendra trop lourd pour Vargas et il commence à réfléchir à tout avouer au public.

L’idée de ce deuxième coming out (Vargas est homosexuel) est centrale dans le récit. Vargas devient un journaliste réputé, qui même décerne un Prix Pullitzer collectif en 2008 pour la couverture d’une fusillade en Virginie. Son prestige en tant que journaliste vient de sa capacité à raconter la vérité, or Vargas est dans un mensonge permanent. Le poids de cette dualité l’obsède et en 2011, 18 années après son arrivée aux États-Unis, Vargas publie un article dans The New York Times Magazine où il explique sa situation et sa vérité.

Cette révélation, produit un sentiment de rejet de la part d’une Amérique très fermée à l’immigration, mais aussi la solidarité d’une autre Amérique plus ouverte et compréhensive. Il rentrera en contact avec d’autres américains en situation illégale, ce qui va lui permettre de créer sa propre association, Define American. Quelques années plus tard, en 2018, Vargas racontera toute son expérience de A à Z dans le récit qui nous occupe. ‘Dear America’ a été réédité en 2025 avec du nouveau matériel, qui inclut le développement de la situation des sans-papiers dans l’Amérique de Trump.


Citation :

« Ceci n’est pas un livre sur les politiques d’immigration. Le vrai sujet de ce livre n’est pas du tout l’immigration, mais le déracinement. » (Traduction improvisée)

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