(Of Mice and Men, 1937)
Traduction : Maurice-Edgar Coindreau. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Pendant la grande dépression américaine aux années 30, George, petit et intelligent, et Lennie, géant avec peu de cerveau, cherchent du travail temporaire dans des fermes en campagne. Ils partagent le rêve d’acheter une ferme à eux pour y vivre paisiblement. Cependant, le coté naïf de Lennie, provoqué par un certain handicap mental, va causer des situations complexes dont George doit s’en occuper. Dès le départ, la tragédie n’est pas loin…
Un duo particulier :
Fabuleux roman qui propose une réflexion profonde sur la condition humaine par le biais des personnages assez communs et même parfois banales. Le succès de Steinbeck est de nous parler de l’âme des êtres humains en nous présentant personnages pas particulièrement éclairés ni réflexifs.
Les deux personnages centraux sont opposés à tous les niveaux. George est intelligent, drôle, socialement accepté et débrouillard mais petit et pas très costaud. Lennie est peu intelligent, limite bête, socialement inadapté et a besoin de George pour l’aider à prendre la moindre décision, mais physiquement est puissant comme un colosse. Les problèmes arrivent quand Lennie ne comprend pas une situation. Alors il panique et il n’arrive pas à contrôler sa force.
Le duo George / Lennie, un des charmes de ce roman, reste toujours assez étrange, presque insaisissable. On ne sait pas trop comment s’est produit cet attachement entre ces deux êtres si différents. Dans le roman, il est simplement évoqué une amitié d’enfance. Ce lien semble incassable, au point de se promettre un rêve en commun dans une ferme qui devraient acheter à deux, on dirait presque qu’ils rêvent d’une vie de couple ‘normale’ et c’est cela qui permet de laisser libre l’imagination du lecteur, de s’approprier de ces personnages. Comme par exemple, ces théories qui feraient de George et Lennie un couple homosexuel, surtout pour l’omniprésente absence de femmes dans tous leurs projets de vie.
Je l’ai relu récemment et je reste toujours sous le charme. Je conteste la réputation de Steinbeck comme auteur trop réaliste, et je rejette le qualificatif de froid ou distant qui lui est souvent attribué. À mon sens, Steinbeck joue énormément avec les contrastes : Le réalisme et l’émotion vont de la main dans toute son œuvre. Un des plus grands écrivains Nord-Américains.
Citations :
« Y a pas besoin d’avoir de la cervelle pour être un brave type. Des fois, il me semble que c’est même le contraire. Prends un type qu’est vraiment malin, c’est bien rare qu’il soit un bon gars.»
« Y a pas beaucoup de gars qui voyagent ensemble, dit-il d’un ton rêveur. J’sais pas pourquoi. Peut-être que les gens ont peur les uns des autres, dans ce sacré monde. »








0 Comments