Littérature des 5 continents : AmériqueGuatemala

Deuils

Eduardo Halfon

(Duelo, 2017)
Traduction : David Fauquemberg.   Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman autobiographique :

L’écrivain et narrateur, Eduardo Halfon, exilé en Florida depuis des décennies, rentre dans son pays, le Guatemala, avec l’idée d’éclaircir certains évènements de son passé qu’il n’a jamais réussi à comprendre. Croyant au début que son oncle Salomón s’était noyé dans le lac Amatitlán, le narrateur apprend que toutes les évidences situent cet évènement tragique plutôt à New York. Face à au doute et à d’autres contradictions dans le passé de cette famille des Juifs d’origine libanaise, Halfon se propose de démêler le vrai du faux.

Retour au pays et mystères du passé :

Chez ses grands-parents au Guatemala, notre écrivain-narrateur commence son enquête sur le passé de sa famille et plus concrètement sur la noyade de son oncle Salomón dans le lac Amatitlán, qui s’était produite lorsque Halfon avait cinq ans. Tandis qu’il essaie de reconstruire les pièces de ce puzzle qui ne semble pas s’emboiter correctement, la narration dérive entre les souvenirs réels et ceux recréées à partir d’une photo, d’un instant, ou d’une phrase. Le présent et le passé s’entremêlent sans cesse lorsque notre narrateur s’approche du précipice qui surplombe la vérité sur son passé.

En à peine une centaine de pages, Halfon réussi un récit prenant et solide, centré sur la construction de la mémoire et la récupération du passé. Malgré le côté autobiographique de l’œuvre, Halfon garde un ton suffisamment détaché et sobre, sans jamais tirer des ficelles dramatiques ni faire recours à l’émotion facile. C’est simple et beau. Personnellement j’aurai aimé un peu plus de pages et plus de développement sur les thèmes du livre, mais la lecture est facile et émouvante.


Citation :

« Je ne connaissais pas les détails de son accident, et je n’osais pas demander non plus. Personne dans la famille ne parlait de Salomon. Son nom il n’était même pas prononcé. » (Traduction improvisée)

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Vous pourriez aussi aimer

Le puits

Le puits

Années 30 du siècle XXe, pendant la Guerre du Chaco. Le narrateur, Miguel Navajo, un officiel de l’armée bolivienne, relate les efforts de son groupe de soldats assoiffés pour trouver de l’eau dans cette région aride et hostile, sous la permanente menace d’une attaque paraguayenne. Jour après jour, le puits pénètre dans la terre, mais l’eau n’apparaît nulle part pour autant. Une soif insoutenable s’installe provocant le détresse des hommes

read more
Nous nous verrons en août

Nous nous verrons en août

Ana Magdalena Bach, femme mariée proche de la cinquantaine et avec deux enfants, prend tous les 16 août le ferry qui la dépose dans une île aux caraïbes. Elle se rend au cimetière où sa mère est enterrée pour déposer des fleurs le jour de l’anniversaire de sa mort, puis le lendemain elle reprend le ferry pour rentrer. Sauf que cette année, après une rencontre fortuite dans un bar, elle finit pour passer la nuit avec un parfait inconnu.

read more
Il pleut sur Managua

Il pleut sur Managua

Managua. L’inspecteur Morales, un flic unijambiste un peu désabusé, mène l’enquête sur la disparition d’une jeune fille lors d’une sortie en bateau avec des gens suspects et peu recommandables, impliqués dans une complexe structure de trafique de stupéfiants à travers l’Amérique centrale.

read more
Los niños perdidos

Los niños perdidos

Né au Mexique, Valeria Luiselli habite aux États-Unis où elle essaie de légaliser sa présence. En attendant ses papiers, elle travaille en tant que traductrice auprès des services de migration des États-Unis, chargés de gérer la crise migratoire produite par une vague d’immigration clandestine sans précédents. Provenant de différents pays de l’Amérique latine, des enfants seuls sont rentrés dans le pays franchissant illégalement la frontière avec le Mexique.

read more