(Foundation, 1951)
Traduction : Jean Rosenthal. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Aux environs de l’année 13.000, l’humanité a colonisé toute la galaxie et oublié la terre dont elle est originaire. Dans Trantor, la capitale de l’empire au centre de la galaxie, une menace semble planer sur la stabilité de ces millions de planètes peuplés. Le savant Harry Seldon s’est spécialisé dans la psychohistoire, une nouvelle science statistique qui prédit de façon mathématique l’effondrement inéluctable de l’empire galactique dans les années à venir. Pour réduire ostensiblement le période de chaos et barbarie qui s’en suivrait, Seldon propose à l’empereur de créer une fondation qui sauvegarderait tout le savoir de l’humanité. Aux confins de la galaxie, la planète Terminus s’apprête à accueillir cette bibliothèque unique.
La prédictibilité de l’histoire :
Originairement conçue comme un ensemble de nouvelles reliées entre elles et publiées dans le magazine Astounding Science Fiction, ‘Fondation’ devient à sa publication en un seul volume en 1951, une des œuvres fondatrices de la Science-Fiction classique. Le roman ouvre le cycle de la Fondation, écrit par Asimov dans les années 50, et continué avec préludes et séquelles dans les années 80, conformant un ensemble solide centré sur la possibilité de prédire le futur en analysant les mouvements sociologiques qui ont façonné l’histoire de l’humanité. Quelques millénaires après la chute de la terre, la découverte de la psychohistoire pourrait donc permettre de détecter tous les éléments cycliques qui se déroulent dans l’ensemble de la galaxie, pour anticiper leur développement futur. Une espèce d’analyse historico-sociologique appliqué à grande échelle.
C’est comme cela que Harry Seldon, personnage visionnaire qui incarne une espèce de conscience de l’ensemble de l’humanité, a imaginé une institution qui permettrait de tirer des ficelles de l’histoire pour guider l’humanité dans le passage des ténèbres qui semble s’annoncer. Au fur des années le roman (et ses suites) suit les évènements dans la galaxie en les mettant à côté des prédictions de Seldon et la psychohistoire, décryptant ainsi la futilité de l’être humain en tant qu’individu, et sa petitesse face au grands mouvements historiques qui traversent la société galactique dans son ensemble.
‘Fondation’ pousse toute la réflexion sur l’histoire et l’évolution de la société d’une façon scientifique, plausible, presque érudite, même pour un roman d’anticipation. Mais malgré la teneur sérieuse de ces sujets, ‘Fondation’ reste très entertaining grâce à la fluidité de sa narration, à ses personnages marqués, et à son intrigue bien ficelée remplie de rebondissements imprédictibles pour le lecteur, mais peut-être anticipables pour la psychohistoire.
À la mort d’Asimov, le cycle complet comptait sept romans, même si à l’origine seulement trois romans composaient la trilogie : ‘Fondation’ (Foundation, 1951), ‘Fondation et Empire’ (Foundation and Empire, 1952), ‘Seconde Fondation’ (Second Foundation, 1953). Ces trois volumes peuvent se lire indépendamment du reste et se présentent comme une œuvre aboutie et solide, magnifique dans son genre.
Dans les années 80, après des décennies de pression des éditeurs et des milliers de fans, Asimov écrivit deux suites : ‘Fondation foudroyée’ (Foundation’s Edge, 1982) et ‘Terre et Fondation’ (Foundation and Earth, 1986). Et puis encore deux préquelles ‘Prélude à Fondation’ (Prelude to Foundation, 1988) et ‘L’Aube de Fondation’ (Forward the Foundation, 1993). Ces nouveaux romans établissaient des liens avec le passé, notamment le cycle de robots commencé par Asimov avec ‘Les cavernes d’acier’, unissant presque la totalité de l’œuvre du maitre de la SF dans une unique chronologie.
Citation :
« La violence est le dernier refuge de l’incompétence. »








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