(Franny and Zooey, 1961)
Traduction : Bernard Willerval. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Franny, la plus petite sœur du clan Glass, retrouve son petit copain Lane pour un weekend. Lasse des efforts de Lane pour l’impressionner, la jeune Fanny a la tête ailleurs. Elle est obsédée par les livres d’un auteur spirituel trouvés dans la chambre de son frère ainé Seymour, disparu peu avant. Les livres prônent la prière perpétuelle pour affronter les maux de la société moderne. L’excès de prière fatigue Fanny et vide toute son énergie.
Bessie, la mère de Franny s’inquiète pour sa fille et essaie de trouver un appui dans Zooey, le frère de Franny. Zooey essayera de raisonner sa sœur, en utilisant certaines réflexions de leur frère, Seymour.
Les petits de la famille Glass :
Publié au début comme deux nouvelles distinctes : ‘Franny’ (1955) et ‘Zooey’ (1957), elles seront publiées dans un ensemble à partir de 1961. Les plus jeunes de la famille Glass sont mis à l’honneur ici. D’autres membres de la famille apparaissent ailleurs dans d’autres récits de Salinger, notamment la disparition de l’ainé, Seymour, dans la nouvelle ‘Un jour rêvé pour le poisson-banane’, fait tragique qui marquera toute la famille.
On découvre les conséquences et le traumatisme laissé par l’absence du frère décédé. Franny s’est tournée vers la spiritualité mais ces lectures mystiques lui provoquent un mépris profond du reste du monde, qui finit par la faire sombrer dans la dépression. Chaque membre de la famille Glass essaie de gérer ce deuil comme il peut, même si certaines façons seront incompatibles avec d’autres, générant beaucoup de tensions.
Un sentiment évocateur plane sur ce roman (ou double nouvelle) et le teint d’un tendre air mélancolique. La plume de Salinger, très subtile et élégante, nous plonge dans la tête des jeunes Glass et leur façon de réfléchir, avec un réalisme et finesse remarquables. Le coté spirituel de l’histoire est abordé avec beaucoup de sensibilité. Salinger était une lecture de jeunesse qui m’avait fasciné et j’ai voulu me rapprocher de cet ouvrage 30 ans après la première lecture, pour retrouver la même fascination.
Citation :
« Ce que je sais moi, c’est que je perds la tête, dit Franny. J’en ai assez de l’ego, de l’ego, de l’ego. Du mien et de celui des autres. J’en ai assez de tous ceux qui veulent arriver à quelque chose, faire quelque chose de distingué, être intéressants. C’est écœurant, écœurant. Ce que les gens disent m’est égal. »








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