(The great Gatsby, 1925)
Traduction : Victor Liona. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Long Island, 1922. Nick Carraway, travaillant à New York, loue une petite maison discrète à Long Island. Petit à petit il découvrira ses nouveaux voisins qui habitent dans des maisons fastueuses installées juste autour de la sienne. Ses voisins, les Buchanan sont Tom (attendant à l’université de Yale), et Daisy (une lointaine cousine de Nick). Daisy s’ennuie avec le médiocre mais richissime Tom Buchanan, qui a son tour a aussi une double vie.
Mais de l’autre côté de la baie, c’est une autre maison qui attire toute l’attention, par les soirées fantasques données par le mystérieux Jay Gatsby, ancien petit ami de Daisy. La folie et l’opulence de ces réceptions nocturnes répandent la réputation de la richesse et l’hermétisme de Gatsby, d’autant qu’il restera en retrait dans ses propres soirées. Nick deviendra son meilleur ami et essayera de déceler l’énigme de son inextricable passé.
Les riches pleurent aussi :
Très beau et relativement court roman, lu deux fois, porté par ce personnage rempli de mystères et baigné d’un calque de nostalgie irrésistible, même si parfois un rythme morose et contemplatif peut décourager certains lecteurs. Notamment au début du roman, qui met quelque temps à décoller.
L’étrange et secret Jay Gatsby est en réalité un nouveau riche, qui a gagné son argent dans des douteuses entreprises dont tout semble brumeux. Gatsby est méprisé par les vrais riches, ceux qui ont hérité son argent, représentés par l’ennuyeux Tom Buchanan et sa femme, la mondaine et distante Daisy, dont Gatsby reste éperdument amoureux. Parmi cette haute société, les classes internes demeurent infranchissables, même si les soirées somptueuses données par Gatsby, et la déferlante de luxe et plaisir offerts en permanence, ne feront que mettre ce personnage au passé obscur en plein dans la lumière.
Donc critique mordante de la haute bourgeoisie et ses mœurs superficiels, où derrière le paraître se cache la vacuité. Les vaines ambitions de ces personnages mondains ne laissent pas d’autres justifications que la petitesse morale.
Ce drame psychologique, souvent considéré le classique par excellence de la littérature américaine (avec la permission de ‘Moby Dick’ et ‘Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur’), fait un portrait intéressant de la haute société, des apparences et du rapport de l’humain avec l’argent, mais brille principalement pour le traitement des regrets et la nostalgie d’un passé inatteignable, comme en témoigne la toute dernière phrase du roman (pas de souci, elle ne fait aucun spoiler), citée ci-dessous.
Difficile de jauger la pertinence des diverses traductions du livre, mais la tâche de traduire un roman très axé sur la subtilité et le lyrisme poétique me semble ardue.
Citation :
« C’est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé. »








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