(Dejen todo en mis manos, 1998)
Traduction : Lise Chapuis. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Son dernier roman rejeté par sa maison d’édition, notre narrateur est un écrivain en crise. L’éditeur lui propose une alternative professionnelle peu conventionnelle : Partir à Penurias, un village paumé en province pour mener l’enquête sur l’auteur d’une superbe œuvre littéraire que la maison d’édition souhaite publier. Un certain Juan Garcia aurait envoyé par la poste le manuscrit de ce chef d’œuvre à l’éditorial, avec l’espoir de le voir publié, mais sans laisser ses coordonnées. Sans pistes de l’identité de l’écrivain, mis à part un nom des plus communs, Juan Garcia, notre narrateur, part à l’inconnu à la recherche de l’obscur auteur.
Parodie de polar avec enquête littéraire :
Comme si on était dans un roman de Philip Marlowe, le détective privé créé par Raymond Chandler, très souvent cité dans le texte, notre protagoniste/narrateur part dans l’arrière-pays, pour entamer une complexe enquête que bien pourrait faire les délices des fans de polar, le côté crime glaçant en moins, le côté parodie en plus. À travers les errances du protagoniste, la narration présente aussi l’atmosphère et le quotidien dans un village paumé de l’Uruguay, moyennant un ensemble très divers de personnages hauts-en-couleurs.
Lors de cette étrange aventure, parodie des romans noirs, le roman brouille toutes les pistes, présentant plusieurs candidats pour l’identité de l’écrivain inconnu, et autant de ‘faux coupables’. Toutes les lignes d’investigation s’arrêtent tôt ou tard, par des confusions, des erreurs, ou souvent parce que notre détective amateur n’a pas vraiment envie de faire son travail. Plutôt que de clôturer l’enquête, l’enquêteur-narrateur flâne dans la ville, tombe amoureux d’une prostituée et passe ses soirées dans le bar du coin, dépensant ainsi l’avancée monétaire fournie par la maison d’édition.
Vous l’aurez deviné, l’humour et la dérision accompagnent les aventures détectivesques du narrateur. Tout est bien rythmé et assez entertaining, mais malheureusement le récit ne vole pas trop haut ni en contenu ni en parti pris littéraire. Puis les personnages féminins sont assez plats et grossiers, femmes très souvent décrites par ses attributs physiques et toujours en rapport au mâle. On sait qu’il s’agit d’une parodie et que traditionnellement les polars et le féminisme ne font pas toujours bon ménage mais quand même…
Citation :
« (…) elle voulait me voir de suite. J’aurais dû trouver cela suspect, mais à beaucoup trop des égards, je reste toujours un ingénu. Un pauvre diable. » (Traduction improvisée)








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