(Bright Shiny morning, 2008)
Traduction : Constance de Saint-Mont. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Los Angeles. Le roman suit le quotidien d’un ensemble divers de personnages qui inclut parmi d’autres les stars de Hollywood Amberton et Casey, la femme de ménage d’origine mexicaine Esperanza, le jeune couple démuni Maddie et Dylan, et le vieux SDF Joe. Tous poursuivent ses rêves dans la ville qui est censée les faire réalité. Sauf que sous les feux des projecteurs, rien n’est pas si brillant qu’il n’y parait dans la capitale de l’american dream.
Le dark side de l’american dream :
Brillant roman chorale dont le vrai protagoniste est sans aucun doute la ville elle-même. Dans ce sens, le titre français ‘L.A. Story’ me semble pour une fois justifié, bien qu’il soit en anglais et bien qu’il trahisse l’original (‘Bright Shiny Morning’), plus ironique. Los Angeles est l’âme du roman. Il pourrait presque sembler une lettre d’amour à la ville, mais le lecteur va vite réaliser que la réalité est toute autre, que rien ne brille à L.A comme on veut nous faire croire. Les sujets sont plutôt durs et la plupart des histoires se concentrent sur le côté sombre du rêve américain. Plus que la ville où tout est possible, Los Angeles devient l’endroit où tout les rêves s’écroulent, et les destins échouent. Roman très pessimiste donc, soyez avertis.
Même si au début le lecteur peut avoir peur de se perdre dans le marasme incalculable de personnages présents dans le récit, très vite la narration va se centrer sur quatre histoires principales, que j’ai trouvé également magnifiques et très touchantes : Amberton et Casey, couple de stars hollywoodiens, dont le mariage est une façade pour protéger leurs secrets. Puis Esperanza, une femme de ménage d’origine mexicaine, complexée par la taille de ses cuisses. Il y a aussi le jeune couple Maddie et Dylan qui ont fui un quotidien violent et arrivent à Los Angeles à la recherche d’une opportunité pour pouvoir avancer. Et enfin le vieux SDF Joe, qui vit une existence précaire, dormant dans les toilettes d’un fast food.
Frey est un maître dans l’art de faire exister des personnages très réels avec autant des failles que des vertus, crédibles autant dans ses moments de gloire que dans ceux de déchéance. En plus de ces histoires, le roman insère des chapitres thématiques dédiés chacun à un sujet divers qui concerne la ville : l’industrie de la pornographie, le de la drogue et du crime, la vente des armes à feu, l’univers de l’immigration, du cinéma, ou le quartier Skid Row, habité par les laissés par compte et les SDF. Mon épisode favori de ce genre est celui dédié à la vie dans les parcs pour camping-cars, où Frey s’attarde à nous raconter, en micro-chapitres d’une page ou moins, la vie d’une bonne vingtaine de personnages qui habitent dans ces habitations/caravanes.
D’autres chapitres très brefs, racontent sommairement des faits reliés à la ville elle-même. Ces interludes proposent une collection des données, anecdotes et trivia divers. Même si à mon sens ne rajoutent pas grande chose à la narration, probablement appuient sur ce coté documentaire et chorale voulu par l’auteur.
Même si souvent sombre et choquant, ‘L.A. Story’ est un roman magnifique qui accroche facilement à la lecture par son storytelling brillant.
Citation :
« Ils viennent pour travailler. Ils arrivent à pied, dans des camions, par le train, par des tunnels. Ils ont peu ou pas d’instruction. Ils n’ont pas d’argent. Beaucoup ont de la famille dans la région, mais les membres de leur famille sont dans la même situation. Pas de papiers. Pas de possibilité de travail légal. Aucun moyen de profiter des opportunités qui existent dans un pays et une ville de rêve. »








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