(2011)
Langue d’origine : Français
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le chauffeur Thomas conduit une jeune européenne, Anaïse, vers Anse-à-Fôleur, un village de pêcheurs haïtien. La jeune femme cherche à comprendre les origines de sa famille, en retournant sur le village que son père avait quitté beaucoup d’années auparavant. Lors de ce voyage en voiture Thomas et Anaïse vont essayer de reconstruire la mémoire de cette époque où les maisons jumelles du général et de l’homme d’affaires avaient brûlé le même jour.
Quête des origines :
Cette recherche des origines d’Anaïse commence de façon fascinante avec un mécanisme narratif original, le chauffeur monologue vers la jeune femme, qui reste muette. Petit à petit, le soliloque fournit des brins d’information sur ce qui a pu arriver à Anse-à-Fôleur. Pourquoi ces deux hommes, dont un est le grand père d’Anaïse, on construit deux maisons identiques ? Et pourquoi elles ont brulée au même temps ? Cependant, malgré des débuts très intéressants, le narrateur digresse beaucoup trop, le roman dérive et la narration s’essouffle considérablement.
Le récit essaie de résoudre cette énigme, tout en reconstruisant la mémoire des origines d’Anaïse, remontant le fil des souvenirs jusqu’à la jeunesse du général et de l’homme d’affaires, deux personnages qui ne seront pas forcément très avenants pour le lecteur. Puis, le dispositif littéraire qui avait peut-être accroché le lecteur au début, n’est pas vraiment utilisé pour développer la narration. Il semble plutôt une excuse pour empiler des digressions d’une façon désordonnée.
Est-ce que le lecteur doit s’intéresser vraiment à ces maisons brûlées et au passé de ces deux vieillards antipathiques ? J’avoue que je n’ai pas la réponse à cette question, tout comme je ne saurai pas dire où est-ce que Trouillet voulait vraiment nous mener. Il y a des chances que le lecteur perde intérêt dans la deuxième partie du roman, celle où il y a sans doute plus de longueurs, surtout qu’il n’y a pas l’ombre d’un rebondissement intéressant qui justifierait le procédé narratif initial.
La prose est quand même superbe, et cela rattrape en grand mesure le roman, mais dans l’ensemble c’est une lecture très mitigée.
Citation :
« (…) personne n’a jamais songé à te dire que la parole sert parfois à trouver les mots, à les sortir de leur cachette afin qu’ils nous aident à nous révéler à nous-mêmes ? »








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