(The color purple, 1982)
Traduction : Mimi Perrin. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman épistolaire :
Géorgie, États-Unis, années 30. Pauvre et noire, Celie subit les abus de son beau-père, Pa. Encore enfant, elle tombe enceinte à deux reprises mais Pa fait disparaitre les deux enfants. Celie sera marié de force avec Albert Johnson, un homme sévère et violent, qui la traite comme une servante plutôt qu’une épouse, et qu’elle appellera Monsieur. Celie récupère chez elle sa petite sœur Nettie, pour la sauver des abus de Pa, sauf que son mari va essayer à son tour de violer Nettie. La petite sœur de Celie devra fuir de la maison, tout en promettant de ne jamais arrêter d’écrire à Celie, quoi qu’il arrive.
Les années passent sans que Celie ait des nouvelles de sa sœur. Celie dépérit dans ce mariage avec cet homme abruti et violent, jusqu’à qu’un jour elle rencontre la maitresse de son mari, la chanteuse Shug Avery.
Je suis pauvre, noire, femme et moche, mais je suis là quand même :
Publié en 1982, ‘La couleur pourpre’ est devenu un des grands classique modernes de la littérature noire américaine, à côte des œuvres de James Baldwin et Toni Morrison. Le roman se structure autour des lettres : Celles que Celie adresse au Dieu, pendant qu’elle a arrêté d’attendre les lettres que sa sœur lui avait promis d’envoyer. La formule épistolaire permet de rentrer dans l’intimité et les pensées de Celie, une femme, noire, pauvre et peu cultivée, dont son lot dans la vie est de souffrir les abus des hommes.
Ce portrait des hommes de la communauté noire en tant que méchants abrutis a été très critiqué, autant dans le livre que dans son adaptation cinématographique, mais ‘Le couleur pourpre est un roman rageusement féministe et militant, qui veut dénoncer la dure position de la femme noire dans le monde. Affreux, violents, violeurs et autoritaires, oui les hommes du roman ne sont pas gentils, ni les blancs, hommes ou femmes, non plus. La volonté de Walker n’est pas d’être ni documentaire ni réaliste, mais de raconter l’histoire de cette femme-là : femme, noire, pauvre et moche, qui s’est fermée à la vie puisque tout ce qu’on lui a proposé dès son enfance n’est que souffrance et abus. Cela était la réalité qui vivaient beaucoup des femmes dans le sud des US des années 30, et encore maintenant dans beaucoup d’endroits du monde, malheureusement.
Le ton est certes mélodramatique, et n’épargne pas les épisodes durs et violents. Ce n’est pas un roman qui brille pour sa retenue, mais il a le mérite d’aborder des sujets difficiles sans crainte. Totalement recommandable aussi en tant qu’illustration de la vie dans la communauté noire dans le sud des États-Unis dans la première moitié du XXe siècle.
La magnifique adaptation cinématographique signée par Steven Spielberg en 1985, réunissait une équipe et un cast presque entièrement noir, avec Whoopi Goldberg, dans son premier rôle important, interprétant Celie, et puis Danny Glover, Oprah Winfrey et Margaret Avery. Sauf les tonalités lesbiennes qui étaient très assumées dans le livre, mais pudiquement ellipsées dans le film, Spielberg suivit totalement le ton du roman, même dans son côté pathos marqué. Nommé à onze reprises sans mention pour son directeur, le film repartit bredouille des Oscars de 1985.
Citation :
« Regarde-toi donc. T’es noire, pauvre, moche, et en plus t’es une femme. T’es vraiment rien du tout. »








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