Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AmériqueMexique

La mort d’Artemio Cruz

Carlos Fuentes

(La muerte de Artemio Cruz, 1962)
Traduction :   Robert Marrast.   Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Artemio Cruz, un vieux moribond, remémore certains épisodes de sa vie passé, dans lesquels il a pris des choix difficiles. La révolution mexicaine au début du XXe siècle et les événements historiques qui ont secoué ce pays sont la toile de fond de ce roman. Quand s’approche l’heure de fin, c’est le moment de faire bilan et essayer de faire la paix avec les regrets.

Impénétrable :

Armé de ma langue maternelle, l’espagnol, et de ma bonne édition Catedra, je me sentais prêt pour aborder ce roman, réputé difficile, ce que je fis avec beaucoup d’entrain. Le roman est complexe et les notes à pied de page qui ponctuent les évènements de l’histoire de Mexico m’ont beaucoup aidées. Mais c’est confus. Il y a trois systèmes narratifs (Plus sur cela ci-dessous), qui se mélangent. Artemio est agonisant et peine à retenir ses souvenirs. Ceci justifie cela, mais je me disais que petit à petit le passé allait se clarifier, car au début on a que quelques bribes du récit. Certes, des évènements qui ont marqué la vie d’Artemio Cruz, font surface finalement, mais le roman continue à être confus et même je dirais qu’il est encore plus impénétrable au fur et à mesure qu’on avance.

Il y a trois systèmes narratifs, cela n’est finalement pas si difficile à suivre :

Le « Je », narré en première personne. Ce sont les pensées d’un moribond, donc tout est un peu décousu, les dialogues des personnes qui entourent son lit se mélangent dans sa tête, rien n’est clair.

Le « Tu », narré à la deuxième personne. Ceci est un monologue d’auto-réflexion. Artemio se parle à soi-même. A différence du « Je », ici le narrateur il est en pleine conscience, ses réflexions sont lucides et il va philosopher sur tout ce qu’il est Artemio Cruz, et tous les choix qu’il a pris, et qu’ils l’ont mené à cet endroit. Le langage est bien perché et c’est complexe.

Le « Il », narré à la troisième personne. Tous ces chapitres commencent par l’année dans lequel se déroule le souvenir. C’est le passé d’Artemio, ce qui forme la plupart du roman en réalité. C’est aussi la partie la plus claire du roman et qui permet, quand même, de suivre la vie d’Artemio Cruz, et comprendre pourquoi il est comme il est, où il est.

Un des livres le plus importants du boom Latino-Américain des années 60. C’est probablement génial, mais à mon avis, c’est un de ces romans où il faut plus étudier que lire, pour vraiment profiter de sa complexe structure. Comme à lecteur lambda que je suis, cela m’a paru plutôt prétentieux. Autant j’aime beaucoup certains écrivains du boom Latino-américain, autant je trouve qu’il y a d’autres que vont vraiment trop loin dans le côté inaccessible, et ‘La muerte de Artemio Cruz’ penche malheureusement du deuxième côté.


Citation :

« Moi j’ai survécu. Regina. Comment t’appelais-tu ? Non. Toi Regina. Comment t’appelais-tu, toi, soldat sans nom ? J’ai survécu. Vous, vous êtes morts. Moi j’ai survécu »

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