(The Fourth Hand, 2001)
Traduction : Josée Kamoun. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le sempiternel séducteur et journaliste américain Patrick Wallingford tourne un extrait documentaire télévisé en directe dans un cirque en Inde. Lorsqu’il parle à la caméra devant la cage du lion, le fauve lui arrache la main d’un féroce coup de griffes. Cet accident vu en directe à la télévision va changer Patrick et marquer son existence à la suite de plusieurs rencontres, dont celle du chirurgien Nicholas Zajac, qui envisage la toute première greffe de main dans le pays. Doris Clausen veut lui donner la main de son mari Otto qui vient de décéder, mais la veuve impose une étrange condition : Elle veut avoir le droit de rendre visite à Wallingford pour garder un lien avec la main du défunt mari.
Greffe puis si affinités :
Le point de départ de ce roman de John Irving, serait la question : « Et si, à la suite du don de la main de son mari décédé, une veuve demandait au receveur un droit de visite de la susdite main greffée ? ». Et c’est parti pour une intrigue assez loufoque, des personnages singuliers (comme l’incroyable Zajac, un docteur extravagant obsédé avec les crottes de chien et rester maigre), et le ton tragicomique classique de l’auteur.
Malgré la multitude de personnages hauts en couleur le roman arrive à se centrer principalement sur la relation entre Wallingford et la veuve Clausen. Entre ces deux personnages opposés s’établit un rapport humain invraisemblable mais touchant, qui vertèbre le roman au même temps que lui donne son côté le plus humaniste.
Comme d’habitude Irving propose la panoplie de ses thèmes favoris : L’amputation, les relations sexuelles hors-norme, l’accident mortel, l’absence de père, le rapport entre femme adulte et jeune homme. Tous ces thématiques reviennent inlassablement dans son œuvre d’une façon ou d’une autre, formant un ensemble cohérent, foisonnant et unique.
‘La quatrième main’ est probablement une œuvre mineure mais qui propose quand même un sujet intéressante et, tant que vous ne soyez pas effrayés par toutes les extravagances de l’écrivain, le livre se lit tout seul, par son dynamisme narratif, ses personnages attachants et son sens de l’humour vitriolique et décalé. Mais si c’est votre premier Irving, privilégiez d’autres œuvres de l’auteur, comme ‘Le monde selon Garp’, ‘Une prière pour Owen Meany’ ou ‘L’œuvre de Dieu, la part du diable’.
Citation :
« Les médias n’avaient que deux positions possibles sur les célébrités : leur vouer un culte ou les traîner dans la boue. Et comme le deuil est la forme suprême du culte, la mort des célébrités valait son prix ; en outre, elle permettait aux médias de les idolâtrer tout en les traînant dans la boue. Il n’y avait pas mieux. »








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