(The road, 2006)
Traduction : François Hirsch. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
La terre est dévastée suite à une catastrophe indéterminée. Tout est à l’abandon, remplit de ferraille, crasse, cendres et putréfaction. Plus de plantes ni d’animaux. Plus de nourriture. Les quelques humains qui ont survit, essayent de se maintenir en vie et fuir des groupes d’hommes qui pratiquent le cannibalisme. Ces patrouilles mi-sauvages errent dans les villes à la recherche des victimes pour se nourrir.
Dans cette terrifiante ambiance post-apocalypse, un père et son fils parcourent une route avec un chariot de supermarché rempli de ses maigres propriétés. ‘L’homme’ et ‘le petit’ cherchent une destination meilleure dans la côte sud des États-Unis, mais les dangers guettent de tous les côtés, et l’avenir semble impossible.
Futur glaçant :
L’atmosphère de ce roman est sombre et sans pitié. C’est un quotidien de faim, froid, peur et des pires craintes encore, car la barbarie la plus effroyable se cerne autour de nos deux protagonistes. Réfléchir sur l’homme à l’état sauvage ça remue les tripes, surtout quand c’est bien écrit, comme ici, dans ‘La route’. C’était également le cas dans ‘L’aveuglement’ de Saramago, où une épidémie de cécité ramenait l’humanité à l’état sauvage. Ici, après une apocalypse dont on ne parle plus, l’humanité survit mais elle a perdu toute trace de civilisation. Il reste notre famille protagoniste qui semble sauvegarder le dernier reste d’humanité, le dernier lien d’amour. Ce père et son fils représentent une oasis dans la tourmente, une île dans la désolation.
Parabole et réflexion sur les défis de la paternité dans des temps difficiles, le roman se veut aussi une métaphore de la quête du paradis impossible, et de l’importance des vraies valeurs qui permettent à l’humanité de traverser les ténèbres.
Prix Pulitzer de fiction en 2007, le roman fut porté au cinéma par John Hillcoat, en 2009, avec un Viggo Mortensen très juste en père inébranlable. Le film assumait la noirceur du roman (les couleurs étaient presque absents du film) et restait assez fidèle, malgré les évidentes difficultés visuelles d’adapter un roman si dur et glaçant.
Citations :
« Le froid et le silence. Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l’air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève. Si seulement mon cœur était de pierre. »
« On oublie ce dont on veut s’en souvenir et on s’en souvient de ce qu’on veut oublier. »








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