(The wave, 1981)
Traduction : Aude Carlier. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Lycée Gordon High, en Californie, à la fin des années 60. Pendant le cours d’histoire, le professeur Ben Ross montre un impactant documentaire sur les atrocités nazies pendant la deuxième guerre mondiale. Les étudiants, impressionnés, débâtent et déduisent que cela ne pourrait pas se reproduire, sans arriver à comprendre comment la société a pu laisser sombrer un pays entier dans le totalitarisme, sans réagir.
Pour expliquer le sujet, le lendemain Ross lance une expérience en cours. Sur le nom de ‘La vague’, avec un logo distinct et un premier slogan « La force par la discipline », il propose un mouvement visant à créer une société plus juste qui travaille pour le bien commun, tout en effaçant discrètement l’individualisme. Très vite le mouvement dérape vers le fascisme et l’intolérance, et en une semaine, personne n’ose parler contre la vague, créant un climat de dangereuse oppression dans le lycée.
Le fascisme est dans nous :
Telle est la thèse du roman, qui alerte sur la facilité avec laquelle une société moderne pourrait dériver vers l’autoritarisme. Le roman se base sur des faits réels. En 1969 dans le Lycée Cubberley de Palo Alto (Californie), le professeur Ron Jones conduisit La troisième vague, une expérience qui visait à mettre en alerte ses étudiants des dangers de l’autoritarisme. Jones documenta l’expérience dans un article écrit en 1972 et publié en 1976, qui fut la base du téléfilm ‘La vague’, réalisé par Alexander Grasshoff et sorti en 1981, avec Bruce Davison incarnant le professeur d’histoire que souhaitant alerter ses étudiants des dérives du fascisme.
La même année 1981, Todd Strasser réalisa l’adaptation romancé de ce téléfilm aussi sous le nom de ‘La vague’. Au cœur de l’intrigue on trouve Ben Ross, un professeur d’histoire pris au piège dans sa propre expérience. Avec l’idée d’éveiller ses étudiants aux dangers du fascisme et de la pensée unique, Ross lança un mouvement qui seulement en apparence avait des nobles idéaux, mais qui visait à éliminer tout sentiment individuel et toute liberté de choix, cachant ainsi des fondements fascistes. Le succès de l’expérience dépassa les expectatives et le contrôle du professeur. Le mouvement se développa sur le lycée comme de la poudre, prouvant la thèse de base, le germe du fascisme est quelque part à l’intérieur de nous tous.
Autre le professeur Ross, quelques personnages se détachent du récit, comme Laurie Saunders, american sweetheart du lycée, que sera une des premières à douter des bienfaits de la vague, ou le lycéen Robert Billings, un garçon paumé, ostracisé par tous avant la vague, qui trouve un vrai salut et une intégration sociale grâce au mouvement. Mais globalement le livre se concentre plus sur les thèmes et les faits de l’intrigue que sur le développement des personnages, qui resteront quelque part schématiques.
Le ton est plutôt didactique et même un peu naïf, car le roman s’adresse probablement aux jeunes lecteurs, limitant sans doute ses possibilités littéraires. Même si ce n’arrive pas tout à fait au même niveau de réflexion et finesse de ‘Le plot contre l’Amérique’, roman de Philip Roth au sujet similaire, ‘La vague’ est une courte nouvelle qui se lit d’un trait, tellement prenante est sa narration, et puissante sa façon d’aborder la thématique.
Citations :
« Cela commence par un jeu …. Ça finit en dictature. »
« Rappelez-vous que cette “expérience”, comme vous l’appelez, concerne de jeunes adolescents impressionnables. Parfois, nous avons tendance à oublier qu’en raison de leur jeune âge ils n’ont pas encore développé l’esprit critique que, nous l’espérons, ils auront un jour. Si on ne les surveille pas, ils sont capables d’aller trop loin. »
« Je t’assure, c’est incroyable de voir à quel point ils t’apprécient davantage quand tu prends les décisions à leur place. »








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