(The age of innocence, 1920)
Traduction : Sarah Fosse. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
New York, fin du XIXe siècle. Le jeune riche bourgeois Newland Archer, va annoncer ses fiançailles avec May Welland, une jeune fille aisée au caractère pur et virginal. Mais l’audacieuse apparition de la comtesse Olenska, cousine de May, va éclipser l’évènement. Fraichement débarquée à New York après son divorce, l’indépendance de la comtesse crée le scandale.
Scandale à la haute :
Portrait de cette haute société qui ne pardonne pas à la femme sa poursuite de l’indépendance, et qui va récompenser avec l’opprobre et la médisance, toute tentative de trouver le bonheur à l’extérieur du chemin tracé.
Le scandale de la comtesse Olenska, que simplement vit séparée de son mari, va ébranler ce petit monde newyorkais. Intrigué, puis attiré par cette femme qui bafoue toutes ses certitudes, Newland sera pris au piège entre la séduisante comtesse et la douce Amy. Ce triangle amoureux va être soumis aux assauts des conventions de la classe à laquelle appartiennent les trois personnages.
Un peu les mêmes sujets que dans son roman ‘Chez les heureux du monde’, mais la vision de la haute société sera un peu plus douce ici, comparativement au portrait impitoyable tracé dans son précèdent roman. C’était, après tout, l’entourage d’Edith Wharton elle-même, ce qui était discrédité. Donc, on retrouve ici, la même critique des mœurs et préjugés qui condamnent la femme qui prend ses propres décisions et empêchent de vivre celle qui a l’audace de vivre librement en dehors des préceptes moraux autorisés. Mais dans ‘L’âge de l’innocence’, il y a moins de cynisme et un brin de plus d’espoir et contentement, et un regard avec plus de charme sur l’opulence des riches, qu’à mon avis le fait moins intéressant que ‘Chez les heureux du monde’, roman à mon sens plus profond et abouti.
Prix Pullitzer 1921 (premier accordé à une femme), le livre fut adapté au cinéma par Martin Scorsese en 1993 dans un de ses meilleurs films, avec Daniel Day Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder, portés par la fabuleuse musique d’Elmer Bernstein. Le roman semble avoir été inspiré à l’autrice par un tableau de Joshua Reynolds du même titre, qui représente une petite jeune fille.
Préférez la plus récente traduction titrée ‘L’âge de l’innocence’, sortie en 2019, à la précédente titrée ‘Le temps de l’innocence’, qui était visiblement incomplète.
Citation :
« Avec un sentiment nouveau – une sorte de respect mêlé d’effroi – il contempla le front limpide, les yeux sérieux, la bouche innocente et gaie de la jeune créature qui allait lui confier son âme. Ce produit redoutable du système social dont il faisait partie et auquel il croyait – la jeune fille qui, ne sachant rien, espérait tout – lui renvoyait, derrière les traits familiers de May Welland, le regard d’une étrangère. Et, à nouveau, il prit conscience que le mariage, qu’il avait appris à considérer comme l’ancrage tranquille d’un navire au port, ressemblait sans doute davantage à un voyage incertain sur des mers inconnues. »








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