(Baile con serpientes, 1996)
Traduction : Robert Amutio. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Une Chevrolet jeune délabrée reste garée pendant plusieurs jours devant une boutique d’un quartier résidentiel de la ville, avec un homme qui vit dedans. Face aux interrogations de plus en plus insistantes des voisins exaspérés, le conducteur, un vieux clochard appelé Jacinto, reste cassant et évasif. Il habite dans la voiture et sort seulement pour faire la tournée des endroits où il peut se fournir d’alcool. Eduardo, un voisin chômeur, se propose de déceler la réalité de ce qui se passe à l’intérieur de la voiture, ce qui va mettre en route un engrenage d’une violence inouïe.
Virée hallucinante avec massacre et serpents :
Dans cette loufoquissime histoire d’un usurpateur de personnalité qui prend refuge dans un Chevrolet jeune habité par quatre vipères, et qui se lance dans une hallucinante spirale de violence dans la ville, il y a peu de place pour que le lecteur respire ou trouve de la cohérence. Les évènements les plus étranges se succèdent et il y a des chances que le lecteur ait un sentiment de déroute complète. C’est quand même intéressant et créatif, et franchement le début de l’histoire promettait, avec ce clochard qui garait sa Chevrolet provocant l’indignation des voisins, mais dès que les premiers morts commencent à arriver, tout devient tellement exagéré et absurde que la suite ne peut se faire que par la surenchère. Le roman propose donc une fuite en avant permanente de la narration, montant les enjeux au fur et à mesure, finissant, sans spoiler, dans une scène orgiastique aussi drôle qu’absolument rocambolesque.
La structure est simple mais relativement efficace : Après une introduction sommaire des personnages et de la situation, la première partie de la narration prend la perspective du protagoniste et ses serpents, toutes femelles, chacune avec sa personnalité mais globalement assez bavardes. Puis dans la partie centrale, le point de vue se déplace vers l’enquêteur Lito Handal, la journaliste Rita Mena, et d’autres personnages secondaires, qui essayeront de trouver du sens à la massacre des serpents. La dernière partie du roman prend à nouveau le point de vue du protagoniste et ses acolytes ophidiens.
C’est quand même unique à niveau argument et cela se lit facile, mais à mon avis le style est plutôt banal, le thème et la symbologie sont peu évidents, et l’ensemble n’est pas assez solide.
Citation :
« C’est un homme puant, un alcoolo (…) Il ne parle avec personne. Va savoir comment il a pu finir ici. On devrait faire quelque chose pour qu’il dégage. » (Traduction improvisée)








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