(El pozo, 1939)
Traduction : Louis Jolicœur. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte cette nouvelle :
Entre l’ennui et la dépression, Eladio Linacero essaie de trouver du sens à sa vie. Dominé par une angoisse existentielle, le jeune homme essaie de vivre sans vrai élan ni motivation, fréquentant des personnages de la marge, comme d’autres dépressifs, des alcooliques, ou des prostituées. Face au vide, Linacero se situe à l’écart de la société.
Angoisse existentielle d’un type pas comme les autres :
Nouvelle cruciale pour comprendre les débuts de ce qu’on finit pour appeler la boom latino-américain, ‘Le puits’ est le premier travail publié d’Onetti. Le récit est débiteur sans doute de Faulkner, ainsi comme du courant existentiel en quelque sorte, un cousin uruguayen de Sartre, Hesse ou Camus. La nouvelle propose une introspection totale dans la psyché du protagoniste, hanté par la peur du néant. Dans ‘Le puits’, les angoisses du protagoniste ne viennent pas d’une crise temporaire, mais d’un désenchantement profond, d’une façon très sombre de voir le monde, critiquant de façon permanente la société bienséante et ses minables valeurs bourgeoises.
Dense, sordide et détaché, le personnage principal, comme ‘L’étranger’ de Camus, ne fera pas beaucoup d’adeptes. Ses angoisses existentielles risquent d’agacer le lecteur, s’ils ne sont pas rebutés par sa misogynie assumée et sa violence envers les femmes en général et les prostituées en particulier. Il a un bon nombre de phrases assez provocatrices, comme celle très controversée où il dit « comprendre l’âme des violeurs d’enfants et du vieux pervers qui donne des friandises à la sortie des écoles ». Bref, c’est très malsain. La narration à la première personne laisserait croire que c’est la pensée de Linacero, plutôt que celle de l’écrivain, mais la tentation de faire l’amalgame est très présente dans cette nouvelle.
J’avoue que je n’ai pas été conquis par ‘Le puits’ malgré la superbe prose de son auteur. Et oui, c’est beau mais assez perché et tordu. Personnellement je préfère des œuvres postérieures d’Onetti, aussi complexes mais plus solides, comme ‘Le chantier’.








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