Littérature des 5 continents : AmériqueBolivie

Le puits

Augusto Céspedes

(El pozo, 1936)
Traduction : Martine Couderc.   Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐⭐

Ce que raconte cette nouvelle :

Années 30 du siècle XXe, pendant la Guerre du Chaco. Le narrateur, Miguel Navajo, un officiel de l’armée bolivienne, relate les efforts de son groupe de soldats assoiffés pour trouver de l’eau dans cette région aride et hostile, sous la permanente menace d’une attaque paraguayenne. Jour après jour, le puits pénètre dans la terre, mais l’eau n’apparaît nulle part pour autant. Une soif insoutenable s’installe provocant le détresse des hommes, tandis que les ordres indiquent de creuser toujours plus profond.

Métaphore de l’absurde de la guerre :

La guerre du Chaco (1932-1935) affronta le Paraguay et la Bolivie pour le contrôle de cette région aride et isolé mais riche en minerais, et hypothétiquement aussi en pétrole, le Chaco. Ce violent conflit laissa un sillage de mort et de violence et des cicatrices pas complètement fermées, et illustre pleinement l’absurde d’une guerre que finalement avait plus de vanité humaine que de pétrole.

Plutôt que traiter frontalement la guerre, Céspedes l’aborde indirectement, se concentrant sur la soif, décryptant l’obsession et la perte de repères qui produit chez les hommes. À travers d’une structure simple et solide, utilisant comme dispositif narratif les pages du journal du sous-officier Navajo, le récit plonge dans l’inutilité de la construction de ce puits incapable de trouver l’eau, s’érigeant bien sûr en métaphore d’une guerre futile et tragique. Céspedes ne se range ni d’un côté ni d’un autre, aucun parti pris dans cet affrontement. Même si la soif nous contextualise le récit dans cette région désertique du Chaco, le message qui veut transmettre l’écrivain aurait une portée universelle et pourrait s’appliquer à n’importe quel conflit dans le monde.

Le récit est difficile de trouver en français, mais ‘El pozo’ est disponible gratuitement dans sa version originale espagnole dans le site Educa, dédié à la culture et l’histoire du pays, ici.


Citation :

« Nuit et jour. On se tait pendant le jour, mais les mots de mes soldats se réveillent dans la nuit. » (« Noche y día. Callamos en el día, pero las palabras de mis soldados se despiertan en las noches. » (Traduction improvisée)

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