(The turn of the screw, 1898)
Traduction : Monique Nemer. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
À travers le journal d’une gouvernante, on retrace son arrivée au manoir d’une famille riche, embauchée pour s’occuper de Flora et Miles, neveu et nièce du propriétaire des lieux, orphelins de père et mère. Situé en pleine campagne, la maison imposante met mal à l’aise la jeune gouvernante. Les enfants, au début très respectueux, sombrent petit à petit dans des habitudes très étranges. Le souvenir de certaines personnes disparues, comme l’ancien serviteur Peter Quint et l’ancienne gouvernante Madame Jessel, semble exercer une influence malsaine sur les enfants, au point qu’ils sentent leur présence sur les lieux.
La gouvernante, les enfants et les revenants :
Fascinante incursion de Henry James dans le genre gothique fantastique, avec une histoire de fantômes extraordinairement suggestive et inquiétante, et baignée dans une atmosphère délétère, à fort composant onirique et perturbateur, notamment par la présence des enfants. Comme d’habitude chez l’écrivain, ne vous attendez pas à trouver réponses à toutes vos interrogations, car ce qui intéresse James ce sont les questions qu’on se pose à la lecture. Il ne va pas hésiter à brouiller toutes les pistes pour vous perdre complètement dans le piège de ce roman pervers et sombre.
La nouvelle gouvernante apprendra que sa prédécesseuse, Miss Jessel, eut une relation avec le servant Peter Quint, tous les deux morts dans des étranges circonstances. Terrifiée par la présence de ces anciens serviteurs disparus, la gouvernante sombre dans l’angoisse permanente de qu’ils puissent s’attaquer aux enfants et ravir leur innocence. Autre le journal de la gouvernante, le récit se structure selon la voix de plusieurs narrateurs, qui s’emboîtent les uns après les autres, donnant un caractère polyphonique à l’intrigue, et facilitant le suspense et le mystère.
Les thèmes de la répression morbide et les désirs du subconscient sont traités avec finesse et classe. C’est un court, lent et envoutant roman, dont le côté dérangeant de ces enfants aussi innocents que inquiétants peut mettre mal à l’aise. ‘Le tour d’écrou’ se lit presque d’un trait tellement l’élégance de sa prose nous mène à travers les milles tiroirs de l’intrigue avec une facilité déconcertante.
Jack Clayton adapta le roman au cinéma en 1961, dans un film magistral interprété par Deborah Kerr, sous le titre ‘Les innocents’ (‘The innocents’), qui faisait référence à l’innocence des enfants mise à mal par les fantômes du passé.
Citation :
« Oh oui, nous pouvons rester là à les regarder, et ils peuvent nous faire leurs petites démonstrations autant qu’ils veulent ; mais lorsqu’ils font semblant d’être absorbés dans leur conte de fées, ils sont en réalité plongés dans leur vision de revenants. Il n’est pas en train de faire la lecture à sa sœur, ai-je déclaré, ils sont en train de parler d’eux… ils se disent des horreurs ! »








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