Littérature des 5 continents : AmériqueÉtats-Unis

L’empreinte du faux

Patricia Highsmith

(The Tremor of Forgery, 1969)
Traduction :  Jean Rosenthal.   Langue d’origine : Anglais
⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Tunisie, années 60. Howard Ingham est un jeune écrivain qui travaille comme à scénariste pour un film qui adapte son dernier roman. Il se trouve dans un hôtel en Tunisie, à attendre sa petite copine et le réalisateur du film. Sauf que personne ne se présente et les jours passent sans nouvelles. Seul et désœuvré, Ingham commence à écrire un roman et rencontre quelques vacanciers. Un jour son bungalow est cambriolé pendant une de ses absences, puis la nuit quelqu’un essaie d’y rentrer. Le prenant pour le voleur il lui lance sa machine à écrire et se renferme dans sa maison.

Solitude, faux semblants et non communication :

C’est un roman intéressant mais un peu étrange qui peut décevoir les amateurs des thrillers psychologiques qui ont fait la réputation de Patricia Highsmith, notamment la série de Tom Ripley. Dans ‘L’empreinte du faux’ l’intrigue est certes remplie de mystères, mais il ne se passe vraiment pas grand-chose, et si bien les personnages qui peuplent cet hôtel tunisien sont intéressants et bien travaillés, la profondeur psychologique est moins marquée que dans d’autres romans de l’autrice.

L’ambiance de la Tunisie post-coloniale des années 60 est un peu délétère, et se centre dans un groupe de bourgeois expatriés pas vraiment avenants. Ces étrangers à la morale douteuse ne se comprennent même pas entre eux et encore moins avec les tunisiens, dont ils ont une vision totalement colonialiste. Le roman tourne beaucoup autour de ce que les personnages se cachent les uns aux autres, des mensonges et des non-dits.

C’est un beau roman sur la solitude et le manque de communication, avec toujours ce gout de Highsmith pour les situations dérangeantes d’un point de vue moral, mais préférez d’autres œuvres de cette écrivaine américaine, comme ‘Carol’ ou ‘Le talentueux Mr. Ripley’.


Citation :

« Toute sa vie passée n’était-elle qu’une suite de mensonges ? Ou ce mensonge ne datait-il que de ces dernières semaines ? »

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