(Other Voices, Other Rooms, 1948)
Traduction : Maurice-Edgar Coindreau. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Louisiane. Suite à la mort de sa mère, Joël Harrison Knox, un garçon efféminé et introverti, déménage chez son père, qui l’avait abandonné après la naissance. Dans un coin enclavé du Mississippi, le père habite un gros domaine, partialement en ruines. À son arrivée, Joël connaîtra le reste de la famille (belle-mère Amy, cousin Randolph), mais le père reste absent, et ce mystère angoisse le délicat garçon.
Où est papa ? :
Récit quelque peu autobiographique, Capote était un enfant très maniéré et particulier, qui fut balancé d’une maison à un autre après le divorce de ses parents et il atterrit à la maison de sa tante dans le sud, à 5 ans. C’est là que l’enfant Capote rencontrera l’enfant Harper Lee (Future écrivaine de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur »). De cette amitié d’enfance qui se prolongera jusqu’à l’âge adulte, il reste un double témoignage : Dans « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », le personnage de Drill est clairement inspiré de Capote enfant. Et dans « Les domaines hantés », Harper Lee sera l’inspiration pour le personnage de Idabel, une fille acariâtre un peu garçon manqué.
La figure de ce père mystérieux qui ne se présente devant son fils, malgré l’anxiété fébrile qui épreuve le petit Joël dans son souhait de le voir, et peut être se sentir aimé, est aussi un reflet de la vie de Capote. Il vécut presque toute son enfance complètement éloigné de son père, qui l’avait aussi abandonné. C’est une réflexion intelligente et sensible sur le traumatisme et les blessures de l’abandon.
L’acceptation de l’homosexualité est l’autre sujet principale du roman, représenté par l’exubérant cousin Randolph, dont le côté assumé et élancé, va marquer le jeune Joël, et lui mettre face à sa propre quête d’identité.
L’atmosphère gothique et mystérieuse assez réussie, et la narration envoutante sur fond des marais de Louisiane, sont les principaux atouts de ce premier roman, qui personnellement (et je l’ai lu deux fois) n’arrive pas à me toucher comme d’autres œuvres du génial écrivain américain, malgré l’indéniable qualité littéraire et l’intérêt du sujet traité.
Citation :
« Il faut toujours aimer un grand nombre de choses dont l’objet aimé n’est en définitive que le symbole. »








0 Comments