(Los ríos profundos, 1958)
Traduction : Jean-Francis Reille. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Apurímac, un département montagnard du Pérou, dans les années 20. Ernesto, jeune métis, doit suivre son père désœuvré pendant qu’il sillonne les Andes en quête du travail d’avocat. Le père finit pour l’inscrire en pension à l’école de la ville Abancay pour pouvoir voyager seul. Ernesto, alors 14 ans, essaie de s’adapter dans une communauté à fort composant indigène, où il n’y a pas d’autre choix qu’apprendre le Quechua. Petit à petit, le garon grandit en absence du père et commence à trouver sa place malgré les conflits dans l’internat.
Bildungsroman indigéniste :
Ce classique péruvien est un roman d’apprentissage qui suit le parcours de vie d’Ernesto lorsqu’il grandit, et découvre la vie dans cette communauté reculée, où on parle le quechua et où on vit d’une façon particulière. L’identité d’Ernesto sera métaphoriquement incarnée dans sa toupie, qui lui sert pour établir des liens de communication avec ses pairs. Il tissera des liens avec les locaux et découvrira les valeurs de cette communauté andine. Arguedas était ethnologue en plus d’écrivain, et ‘Los rios profundos’ fut un des premiers romans qui revendiqua l’identité indigène du Pérou, dans un courant littéraire qu’on appellera néo-indigéniste.
Roman à fort contenu autobiographique, la narration est particulièrement laborieuse à suivre, et il n’y a pas vraiment d’action définie qui structure le roman. Ernesto traversera les conflits de l’école, la révolte des femmes chicheras et même une épidémie du typhus, mais le développement du roman est à mon sens, assez confus.
En tant que fan absolu de Vargas Llosa, je souhaitais m’approcher de cet écrivain de la même génération, pour élargir mes connaissances en littérature péruvienne, seulement pour me trouver avec un roman rempli d’obsessions similaires à celles du prix Nobel : la virilité, la corruption des institutions, le harcèlement à l’école, l’ambiance militaire dans l’internat… L’absence de femmes du récit est presque totale, et personnellement le style narratif d’Arguedas me semble beaucoup moins intéressant et abouti que celui de Vargas Llosa. Je pense que pour le lecteur lambda que je représente, ‘Les fleuves profonds’ risque d’être une bonne corvée.








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