Inventaire non académique de romans du monde publiés depuis 1800, sans spoilers

Littérature des 5 continents : AmériqueMartinique (France)

L’esclave vieil homme et le molosse

Patrick Chamoiseau

(1997)
Langue d’origine : Français

Ce que raconte ce roman :

Un vieil esclave docile et obéissant travaille d’arrache-pied dans une plantation de sucre de canne sur l’île de Martinique. Un jour il tombe sur le regard perçant du molosse du maître, enfermé dans son enclos. Cet affrontement de regards va déclencher le souhait de fuite du vieil esclave. Il s’échappe dans les bois, poursuivi par le féroce molosse que le maître a libéré. Le vieil esclave court pendant la nuit, échappant de plusieurs situations et dangers et en évitant de justesse le gros chien. Éreinté de fatigue, l’homme commence à avoir des visions hallucinatoires dans lesquelles il aura une forte connexion avec la nature.

Histoire simple compliquée par une surenchère de prétentions :

C’est une histoire simple, qui aurait donné lieu à des métaphores puissantes et une bonne profondeur psychologique et philosophique, mais qui est complétement parasitée par une prose beaucoup trop recherchée et un style pompeux et prétentieux qui entame la fluidité de la narration et empêche toute réflexion sur les thèmes proposés.

Probablement c’est un roman qui pourrait intéresser à ces lecteurs qui accordent une valeur supérieure à la beauté du langage au-dessus de toute considération narrative, et du développement dramatique des personnages et sujets. Ce n’est pas mon cas. Pour moi le langage doit être la cerise sur le gâteau, or j’ai l’impression qu’ici le gâteau n’est pas bien garni et s’écroule facilement. La prose est belle mais beaucoup trop alambiquée. Le langage est enrichi par beaucoup de mots et tournures créoles qui personnellement, à différence de ce qui soutiennent certaines critiques, ne m’ont pas dérangé du tout. Ce qui m’a dérangé, voir irrité, est le permanent besoin d’exhiber un style intellectuel élitiste, relevé et directement snob.

La narration passe de la troisième personne à la première, en s’incarnant dans la voix intérieure du vieil esclave. D’autres chapitres cèdent la voix à la pensé du maître et même du molosse. Il n’y a pas de dialogues. ‘Le vieil esclave et le molosse’ est un livre très court qui se fait très long.

Écrivain à tenter si vous êtes un intellectuel aventurier. Sinon, fuyez.


Citation :

« J’étais victime d’une obsession, la plus éprouvante et la plus familière, dont l’unique sortie s’effectue par l’Écrire. »

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