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Littérature Amerique Argentine Adolfo Bioy Casares L‘invention de Morel

L‘invention de Morel

Adolfo Bioy Casares

(La invención de Morel, 1940)
Traduction :   Armand Pierhal.   Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce roman :

Un homme, le narrateur anonyme, s’enfuit de la justice et arrive sur une étrange île déserte, au milieu de laquelle il y a une gigantesque maison délabrée qui domine l’endroit. Dans le sous-sol de la villa abandonnée, des machines déconcertantes semblent fonctionner de façon inexplicable. Petit à petit, le décor retrouve sa splendeur d’antan et des estivants commencent à s’approcher de l’île, mais notre homme va rester caché de peur d’être arrêté. Après quelques jours, on remarque que les estivants semblent refaire les mêmes choses chaque semaine. Notre narrateur, fasciné par une des femmes qui sont sur l’île va finalement décider de communiquer.

Je ne suis pas ici :

Classique de la littérature fantastique à vocation philosophique, c’est un des romans argentins du XXe siècle le plus important et lu. Avec une intrigue déroutante, à mi-chemin entre la science-fiction et l’introspection sociologique, le roman a tout pour surprendre.

L’ambiance avec les personnages qui arrivent sur l’île est lumineuse, heureuse, avec un côté rêvé. Mais le narrateur est peu fiable. Il est fasciné par tous ces personnages qui semblent filer le parfait bonheur, coincés dans leurs bulles irréelles. Mais, est-ce que ce qu’il voit est exact ? Peut-on douter de sa santé mentale ? Ce ne serait peut-être pas lui le personnage prisonnier dans l’irréel ?

On assiste à une étrange histoire d’amour unilatérale, entre notre narrateur et une femme inatteignable, Faustine, qui fait partie des estivants qui répètent inlassablement la même routine. Comment rejoindre ce mouvement éternel préconisé par l’énigmatique ingénieur Morel, pour ainsi être près de sa bienaimée ? Faut-il mourir pour rentrer dans l’irréel ? Ou bien il vaut mieux s’attacher à la vie et renoncer à l’imaginaire ?


Citation :

« Une explication pourrait être qu’on n’ait pas cru Morel, qu’il soit fou, ou bien, j’en reviens à ma première idée, qu’ils soient tous fous, que l’île soit un sanatorium pour lunatiques. »

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