(2013)
Langue d’origine : Français
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Dans un village au proche orient, au milieu de la guerre, Aziz et Amed, frères jumeaux de neuf ans, vivent des jours heureux dans une maison de famille dominée par une superbe orangeraie. Mais la vie des enfants et ses parents bascule lorsqu’un jour on diagnostique un cancer incurable au petit Aziz. Peu après un obus détruit les dépendances des grands-parents en les tuant sur le champ. Sayed, le père des jumeaux, cherche à venger la mort de ses parents et, sous les conseils de Soulayed, un chef terroriste, décide de convertir un de ses fils en kamikaze. Un des enfants, armé d’une ceinture d’explosifs, devra se faire exploser en terrain ennemi. Envoyer à la mort Aziz, atteint d’une maladie incurable, semblerait le choix évident, mais…
Décision déchirante :
L’axe narratif de ce roman fort et prenant est ce choix de vie ou de mort entre les deux enfants, sachant que pour le père, envoyer se faire exploser un de ses fils ne représente pas le condamner à la mort, mais plutôt lui ouvrir les portes du paradis, et d’un destin glorieux. Vous l’aurez compris, le roman est dur et fort. En très peu de pages Tremblay propose un récit ciselé, intense et direct qui ne ménage absolument pas le lecteur. Âmes sensibles devront peut-être s’abstenir.
Le roman est très dynamique, bien construit, et narré avec un style simple mais très solide. Malgré cela, ‘L’orangeraie’ aurait bénéficié, à mon sens, d’un peu plus de finesse et retenue. Il y a quelque part un excès de narration basée sur l’impact que les évènements vont produire chez le lecteur. Peut-être le sujet demandait un peu moins d’effet choc et un peu plus de réflexion. Les déchirements dramatiques qui se déchainent autour de la décision sont relativement prédictibles, justement parce que les choix narratifs du roman sont trop évidents et les ficelles trop marquées.
Aussi, je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens de la dernière partie dans laquelle le théâtre du présent et l’horreur du passé se mélangent. C’est quand même un très beau roman, plein de sensibilité, qui aborde avec maitrise les sujets du deuil, de la haine, et des séquelles dévastatrices de la guerre.
Citations :
« Écoute-moi, Halim : nos ennemis sont des chiens. Ils nous ressemblent, crois-tu, parce qu’ils ont des visages d’hommes. C’est une illusion. Regarde-les avec les yeux de tes ancêtres et tu verras de quoi sont réellement faits ces visages. Ils sont faits de notre mort. Dans un seul visage ennemi, tu peux voir mille fois notre anéantissement, N’oublie jamais ceci : chaque goutte de ton sang est mille fois plus précieuse qu’un millier de leurs visages. »
« Tu n’as pas remarqué ? Les bruits ne font plus le même bruit, et le silence, on dirait qu’il se cache comme s’il préparait un mauvais coup. »








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