(Los divagantes, 2023)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
Dans le récit ‘Los divagantes’, une jeune femme qui a beaucoup voyagé retrouve un ami perdu de vue qui est resté dans leur ville d’origine. Ensemble ils remémorent leur passé et leur différente évolution dans la vie. Elle se souvient du moment où elle et son père avaient rencontré par hasard un albatros égaré. Éloigné de son habitat après que la fatigue lui avait contraint à arrêter son vol en terrain inconnu, l’énorme oiseau essayait tan bien que mal de s’adapter à son nouvel milieu.
Oiseaux perdus dans la brume de leurs vies :
Dans ces huit courts récits l’autrice mexicaine confronte ses protagonistes à leur propre différence, leur fragilité et leur difficulté à rentrer dans la case prévue pour eux. Ces ‘divagantes’ seront souvent des solitaires, des déclassés, des personnes pas comme les autres. Comme dans la métaphore de l’albatros égaré, ces personnages se retrouvent en une sorte d’itinérance, physique ou émotionnelle, exilés, perdus dans des espaces qui ne sont pas les leurs, essayant tan bien que mal de s’adapter, vivant souvent dans la peur de s’engager au risque d’échouer. Tandis qu’ils naviguent par ces territoires étranges, les personnages seront hantés par ce qu’ils auraient pu être si leur chemin n’avait pas été déraillé à un moment donné.
Une jeune femme qui rencontre par hasard un tonton renié par la famille par des obscures raisons, un comédien raté qui commence petit à petit à supplanter la vie d’un comédien à succès, un homme dont la solution à sa vie anodine se trouve dans une maison close assez particulière, où un arbre dans le jardin d’une maison qui incarne la propre identité de la famille. Les histoires sont ancrées dans le réel et le quotidien mais ne manquent pas d’inclure souvent des éléments fantastiques ou étranges, qui parfois leur donnent un petit air d’Edgar Allan Poe.
Même si souvent triste, la narration dans ces nouvelles est très entertaining par son côté assez direct et sans détours. Personnellement, je peine souvent avec les recueils de nouvelles car cela demande de renouveler l’effort au début de chaque histoire, mais j’ai eu l’impression qu’ici on rentrait et sortait dans chaque récit d’une façon très fluide et aisée. Peu de personnages, des situations très claires, pas de longues descriptions. À mon avis, le lecteur accrochera très vite aux conflits qui animent ces ‘divagantes’.
Le style est donc très épuré et le storytelling est absolument superbe, je n’y manquerai pas de lire d’autres œuvres de l’autrice. Écrivaine totalement à suivre. Malheureusement à l’heure d’écrire cette critique (2025) ‘Los divagantes’ n’a pas de traduction française prévue.
Citation :
« Un oiseau avec une expérience aussi marquante comme celle d’être perdu sans pouvoir s’envoler vers sa maison, peut uniquement s’accoupler avec un autre oiseau aussi égaré que lui. » (Traduction improvisée)








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