(Casa de caba, 2015)
Traduction : Diniz Galhos. Langue d’origine : Portugais
⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Pendant les feux d’artifices de Nazaré, trois hommes font irruption dans l’appartement de la famille Pastri et tuent les six personnes qui s’y trouvent. Fred et Isabella, les enfants plus âgés, étaient absents et ont échappé au massacre. Menacés, les deux vont réagir de façon très différente. Fred habite aux Etats-Unis avec une chanteuse très médiatique et Isabela vit sous un faux nom, cherchant toujours assouvir sa soif de vengeance. Car les deux avaient été marqués par un traumatisme d’enfance sans doute relié à la tuerie dans le présent : le gouverneur Wlamir Turvel, alors un seigneur de la drogue, avait repris par la violence la scierie du père à Castanhal, passant au tabac le père et violant la mère devant les enfants.
Histoire d’une vengeance :
Sans tomber totalement dans ce qui serait un roman à enquête, ‘Nid de vipères’ récupère une bonne partie des codes du polar, se centrant dans une intrigue sombre et violente, narré avec brio et force narrative. Chaque chapitre cède le rôle protagoniste à un personnage différent, poussant la narration en avant et en arrière dans le temps dans un enchevêtrement d’évènements assez vertigineux. C’est assez créatif et dynamique ; et grâce à cette structure alambiquée mais efficace, les personnages et les évènements seront reliés de façon assez brillante. C’est sans doute la partie la plus intéressante du roman.
Hélas, le reste ne suit pas. Les personnages peinent à exister et en général sont assez plats et clichés. Les thèmes ne sont pas trop développés, les motivations des personnages ne sont pas bien expliquées, et en général c’est peu solide littérairement. Énormément d’actions sont peu crédibles et se justifient seulement en tant que points narratifs qui propulsent le récit, notamment plein de casualités très convenues difficilement vraisemblables, comme le tueur à gages qui par hasard est relié avec la personne qu’il doit assassiner. Aussi, certains personnages disparaissent de la narration car vraisemblablement l’écrivain n’avait pas de plan prévu pour eux. Un petit air de série Netflix pas bien planifiée.
Très facile à lire malgré le nombre assez conséquent de personnages impliqués dans le récit, ‘Nid de vipères’ ne va pas plus loin que son intrigue frénétique. C’est un roman presque totalement plot driven, dans lequel l’action est imposée aux personnages, au lieu de découler de son caractère. Il y a malheureusement très peu de character driven, qui pourrait étoffer l’introspection psychologique des personnages et décrypter l’ambigüité morale présente dans le récit.
C’est l’histoire assez farfelue d’une vengeance, ‘Nid de vipères’ tire souvent des ficelles narratives plutôt simplistes, avec une esthétisation de la violence et le sexe assez flagrants, notamment dans les séquences de prostitution, parfois frisant le ridicule. Cela pourrait quand même plaire aux amateurs des polars par son rythme soutenu, la quête de vengeance, l’ambiance noire et violente, et le style très dynamique de la narration.
Citation :
« L’humiliation. L’impuissance, par-dessus tout. Les enfants qui avaient tout vu. Les enfants. Les enfants qui avaient tout vu. Les enfants. Les seuls qui les faisaient encore sourire. De petits sourires. En apparence, Fred et Isabela étaient des enfants normaux. Ils semblaient avoir tout oublié. »








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