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Littérature Amerique Brésil Jorge Amado O menino grapiúna

O menino grapiúna

Jorge Amado

(O menino grapiúna, 1982)
Traduction :   Alice Raillard.   Langue d’origine : Portugais (Brésilien)
⭐⭐⭐

Ce que raconte ce court récit autobiographique :

Dans un ensemble de brèves instantanées, l’auteur nous livre ses souvenirs d’enfance, qui loin d’être idylliques seront marqués par la violence et l’univers impitoyable du Sertao. Dans ces terres arides et hostiles la famille du jeune enfant Amado s’installe pour cultiver le cacao.

Souvenirs violents, éparses et chaotiques :

Ces mémoires réunissent de façon assez désordonnée, une série de souvenirs d’enfance et jeunesse, mélangés avec des réflexions, sensations et digressions de tout genre. En très peu de pages, Amado nous mène dans plein d’endroits différents : le climat de violence qui règne dans la région, l’attaque dont fut victime son père devant ses yeux, l’inondation dont sa famille fut victime, le déménagement près de la mer et la plage, sa fuite du collège des jésuites, ses errances dans le Sertao en compagnie de prostitués, des vagabonds et des laissés-pour-compte… Pour rajouter au désordre, le récit mélange indistinctement première et troisième personne.

Le récit explique aussi la naissance de la vocation d’écrivain d’Amado, lorsqu’un professeur très respecté lut une rédaction écrite par lui, et l’encouragea à continuer par cette voie. La rédaction avait par sujet la mer.

Ce n’est pas son livre le plus lucide, mais explique clairement l’origine de beaucoup des thématiques chères à cet écrivain originaire de Bahia, comment son attachement aux déchus et aux misérables et sa haine des puissants, qui entrainèrent son engagement au parti communiste. C’est quand même intéressant et joliment écrit et se lit en deux secondes et demi.


Citation :

« Quelle autre chose j’ai été sinon un écrivain de putains et vagabonds ? Si beauté il y a dans ce que j’ai pu écrire, elle vient de ces dépossédés, de ces femmes marquées au fer rouge, de ceux qui se trouvent dans la lisière de la mort, dans la dernière marche de l’abandon. Dans la littérature et dans la vie, je me sens chaque fois plus distant des héros et des leaders et plus proche de ceux à qui tous les régimes politiques et toutes les sociétés méprisent, repoussent et condamnent. » (Traduction improvisée)

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