(A Moveable Feast, 1964)
Traduction : Marc Saporta. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐
Ce que raconte ce récit autobiographique :
Récit-mémoire qui retrace les années qui passa Ernest Hemingway à Paris avec sa première épouse, Hadley Richardson. Sur la forme de plusieurs vignettes parisiennes, le livre nous offre un portrait étonnant du Paris d’entre guerres, du couple Hemingway, et de ses connaissances et fréquentations, qui incluent écrivains et artistes de tout genre, comme Sylvia Beach, John Dos Passos, Ezra Pound, Gertrude Stein ou Scott Fitzgerald.
Les années folles du couple Hemingway à Paris :
‘Paris est une fête’ fut écrit en 1957, et maintes fois remanié avant d’être publié de façon posthume en 1964, trois années après le suicide de l’écrivain, par sa veuve et quatrième épouse, Mary Hemingway. En 2009, son grand fils Sean publia une nouvelle version révisée, plus en accord avec la toute première version écrite par son grand-père en 1957. Il s’agit d’une collection d’instants de vie plutôt que des mémoires proprement dites.
Ces vignettes parisiennes nous montrent, de jour comme de nuit, les différents côtés de la ville. Paris joyeuse, Paris triste, Paris lumineuse, Paris sombre, Paris amie, Paris traître. Les quais de la Seine, les cafés, les hôtels et les appartements de toute cette mouvance intellectuelle servent de cadre à la vie bohème du couple Hemingway, entre le bonheur de leur jeunesse et la misère de leur manque de ressources. L’humeur des personnages se transmet dans le décor dans un des portraits le plus originaux de la capitale française trouvés dans la littérature. Bien sûr Hemingway offre une vision d’étranger, un regard international sur ces années folles, souligné par tout ce cercle de fréquentations anglophone qui fait de Paris une espèce de centre du monde, un far de culture pendant le période d’entre guerres.
C’est un récit nostalgique et authentique, mais un peu décousu. La narration semble plus rythmée par les personnalités mondaines qui interviennent, et par ce côté documentaire de la scène culturel parisienne de l’époque, que par ses vraies qualités littéraires. Intéressant, mais à mon sens il aurait bénéficié d’une structure plus solide et réfléchie. C’est quand même une lecture fascinante pour ceux intéressés à Hemingway, à Paris en général, et à la vie bohème des intellectuels pendant les années 20 en particulier.
Citation :
« Paris valait toujours la peine et vous receviez toujours quelque chose en retour de ce que vous lui donniez. Mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux. »








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