(American Pastoral, 1997)
Traduction : Josée Kamoun. Langue d’origine : Anglais
⭐⭐⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Seymour ‘Swede’ Levov, vit une existence bourgeoise à Weequahic, le quartier juif de Newark. Il contacte son ancien camarade du Lycée Nathan Zuckerman, pour écrire dans un journal-hommage à son père, Lou Levov. Sauf que, en se rendant à une réunion d’anciens élèves du Lycée, Zuckerman apprend que Swede est décédé. Ancienne idole sportive du lycée, modèle de la réussite américaine, l’image idéalisé qu’il garde de Swede va se ternir quand on apprend les obscures raisons qui avaient poussé la fille de Swede à s’en fuir.
Le paradis perdu du rêve américain :
Magnifique roman qui parle de la chute des illusions et la face cachée derrière les apparences. Seymor Levov, plus connu comme Swede, incarne le rêve américain, la parfaite réussite : Respecté de partout, père de famille idéale, et marié avec la reine de beauté du lycée Dawn Dwyer. Mais derrière la façade, une vie torturée se dessine lorsque Zuckerman apprend que la fille de Swede, Merry, impliquée dans un attentat à la bombe, avait pris la fuite, et elle restait introuvable depuis des années.
Le titre est symbolique car on découvre le paradis perdu du rêve américain (voir citation plus bas) : L’idole de jeunesse, malgré toute son image d’homme idéal, est incapable d’éviter que sa vie rangée vole en éclats et que son rêve se casse en mille morceaux. Perdu dans le chaos qui devient sa vie, il croira naïvement au retour au paradis duquel il a été chassé. Je ne vais pas spoiler la trajectoire de sa fille disparue, mais on va petit à petit apprendre, par des bribes du récit, comment l’engrenage qui a mène à sa fuite s’est mis en route, et comment la chute monumentale de la famille semblait inévitable.
Roth a un style sobre tout en subtilité. Il y a très peu d’action, et celle-ci est décortiquée de tous les côtés, avant, pendant et après, et puis aussi analysée du point de vue différent de plusieurs personnages. Cette multi réflexion est un signe de la grande littérature, mais cela peut sembler lent pour les lecteurs plus intéressés à l’action, l’écrivain étant plus axé sur l’introspection psychologique et l’évolution des personnages. Roth a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel sans finalement jamais l’avoir décerné.
Prix Pulitzer de la fiction 1998 et régulièrement classé parmi les meilleurs romans américains des derniers 50 ans, ‘Pastorale américaine’ est probablement, sinon le meilleur, sans doute un des meilleurs romans de Philip Roth. C’est le sixième volume dans lequel apparaît l’écrivain Nathan Zuckerman (un alter-ego de Roth lui-même), et le premier de sa trilogie américaine, poursuivie par ‘J’ai épousé un communiste’ (I married a communist 1998), puis par ‘La Tache’ (The Human Stain, 2000).
Citation :
« Voilà sa fille qui l’exile de sa pastorale américaine tant désirée pour le précipiter dans un univers hostile qui en est le parfait contraire, dans la fureur, la violence, le désespoir d’un chaos infernal qui n’appartient qu’à l’Amérique. »








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