(Pelea de gallos, 2018)
Traduction : Pas connue. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐
Ce que raconte ce recueil de nouvelles :
‘Pelea de gallos’ (Combat de coqs) rassemble une collection de nouvelles de l’écrivaine équatorienne, qui traitent souvent des sujets qui vivent dans la marge, principalement des femmes, souvent soumises à l’emprise masculine, maltraités par l’homme ou par son entourage, et victimes d’une situation social conflictuelle.
Féminisme glauque et dark :
C’est un recueil assez acclamé par la critique qui explore la situation de la femme sous le patriarcat depuis une perspective de marginalité et misère social, en décryptant la violence au sein du foyer depuis plusieurs points de vue. Attention c’est très cru et directe, les personnages vivent souvent dans des conditions très dures, surtout d’un point de vue de misère psychologique, et qui sont expliquées sans ambages ni retenue. Les nouvelles baignent dans une ambiance tellement glauque, que je ne recommanderais pas ce recueil aux lecteurs trop sensibles.
Une bonne partie des femmes de ces récits participent dans des relations sexuelles dans lesquelles sont toujours à peine volontaires et systématiquement absentes. C’est très sordide et décharné, chaque scène de sexe ou séduction est accompagné par la présence de bêtes genre blattes, rongeurs ou araignées, le tout dans une ambiance crasseuse très marquée. La sexualité va souvent de la main de la pourriture.
Mon histoire favorite est la toute première ‘Subasta’, où apparaissent les coqs de combat du titre, et qui anticipe les sujets auxquels l’autrice s’intéresse, comme l’objectification de la femme, la misère morale, la violence de genre et le déséquilibre entre classes. Ampuero critique sévèrement un secteur de la population masculine qui profite d’un patriarcat tenace qui continue à faire des ravages dans l’Amérique latine. J’ai aussi aimé ‘Crias’ où une invraisemblable relation s’établit dans l’immonde, sans que les deux personnages aient vraiment un vrai lien d’humanité entre eux.
Familles dysfonctionnelles, pères absents, mères tristes. Vous l’aurez compris, il y a peu d’espoir, et encore moins de lumière. Autre cela, et même si personnellement le glauque et l’abjecte ne me découragent pas, je n’ai pas été subjugué par le style de l’autrice, ni par sa façon d’aborder les thèmes. Au contraire souvent les excès dans le dark desservaient le message, sonnant quelque part faux et creux.
Malgré quelques moments intéressants, cela reste une lecture mitigée, qui probablement je ne recommanderai pas.
Citation :
« Rentrer, tout le monde le sait, est impossible. Après les étreintes et les larmes viennent les vraies retrouvailles, être face à face avec les mêmes quand nous sommes déjà autres, quand nous ignorons qui ils sont. C’est-à-dire, personne face à personne. » (Traduction improvisée)








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