(Pequeñas infamias, 1998)
Traduction : François Maspero. Langue d’origine : Espagnol
⭐⭐⭐
Ce que raconte ce roman :
Le chef italo-espagnol Nestor Chaffino consigne tous ses secrets de cuisine dans un petit cahier titré ‘Petites infamies’, que tout le monde croit rempli de détails croustillants des nombreuses personnalités mondaines qu’il a croisé. Lors d’une soirée chez les richissimes Teldi, la porte de la chambre froide se renferme sur Nestor. Prisonnier dedans lorsque tout le monde dort, personne n’entend ses cris. Une mort absolument stupide. Le récit suivra les vies de toutes les personnes impliquées dans cette soirée et les extravagantes casualités qui les ont liés, même celle de la voyante qui avait prédit la mort de Nestor, quelques semaines auparavant.
Le hasard relie les petits secrets de tout le monde :
‘Petites infamies’, le roman qui bâtit la réputation de l’écrivaine Hispano-uruguayenne, n’est pas un roman extraordinairement riche à niveau littéraire ni très profond, mais a quand même pas mal de bonnes qualités, à commencer par que cela se lit très facilement. Puis, le sens de l’humour décalé et cynique, l’ambigüité morale du récit, la diversité des personnages et le rythme très soutenu, sont des aspects suffisamment marqués et aboutis comme pour en faire une lecture intéressante et très entertaining.
Au centre du récit on trouve un ensemble de casualités absolument impossibles, ou presque, qui relient les destins des personnages depuis bien des années auparavant. Un garçon cherche désespérément une femme vue sur un tableau chez sa tante lors qu’il était enfant, pour se retrouver face à elle pour le plus grand des hasards, sans même en être conscient, au même temps que le passé de cette femme est connecté aux autres personnages qui à leur tour sont aussi reliés par d’autres situations et casualités.
Assumer les causalités comme à moteur du roman peut sembler une ficelle narrative relativement facile mais à mon avis l’ensemble se tient très bien et cela n’a pas l’air du tout forcé. À tour de rôle, chaque chapitre se centre sur un des personnages et, utilisant la métaphore du cahier de petites infamies culinaires du chef Nestor, tous les petits secrets inavouables restent bien gardés, tissant un ensemble solide et structuré, de lecture très plaisante.
Citation :
« (…) les morts deviennent trop facilement des photographies anonymes qui noircissent près de la cheminée du salon s’il n’y a pas un amour ou une haine pour les maintenir en vie. » (Traduction improvisée)








0 Comments